J'habite sur Paris

L'usage de la préposition "sur" quand on attendrait "à" s'est répandue dans la langue populaire ou familière. Cet usage est tout à fait condamnable si la préposition ne suit pas un verbe de mouvement (marcher sur Rome).
Concernant ces emplois abusifs, les propos de M. Maurice Druon sont assez éclairants :
"Je vais descendre sur Marseille". Vous trouvez-vous donc en hélicoptère ?
"C'est pour travailler sur la région Provence-Côte d'Azur". A-t-elle besoin d'être modifiée, redessinée ? Sans doute, puisqu'on envisage de "créer un nouveau canton sur la 3e circonscription du Var". Mais par quel procédé ? Peut-on élever un canton ou le poser ?
Cette pauvre préposition sur est harassée. On la met à toutes les sauces. Elle nous vient, après plusieurs avatars, du latin super, supra. On l'a chargée, au fil du temps, de bien des sens, propres ou figurés, matériels ou abstraits.
Mais pourquoi lui impose-t-on, de surcroît, d'exprimer des indications qui ne comportent nulle notion de position, de supériorité ou de domination ? Il y a là un abus qui devient un tic.
Soyons sur nos gardes, pour n'y pas céder.

Source : forum.wordreference.com (Maître Capello, 23 août 2007)