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François de Dardel's reactions to political events, environmental and social issues.
Mes réactions aux évènements politiques, écologiques et sociaux.
The texts are in French or English, occasionally in German.


5 et 26 Août 2021 (Français)
Antivax : de quelle liberté parlent-ils ?
Antivax

Philippot & Dupont-Aignan

Antivax
Jeunes hippies aux pieds nus comme personnes âgées aux discours aigris, adeptes des théories du complot ; ici, un gilet jaune, là, un dirigeant d'extrême droite. Une foule hétéroclite et égoïste. Ils prétendent tous que la vaccination et le passe sanitaire entravent leur liberté. Ils réfléchissent trop peu pour se rendre compte que c'est exactement le contraire.
Ouroboros
Droits
(clic)
C'est un serpent (venimeux) qui se mord la queue !

Même si tous les Français ne connaissent pas les détails de la Constitution, ils ont lu sur tous les bâtiments publics : Liberté, égalité, fraternité.
Les antivax semblent ne retenir que le premier terme, et l'appliquent à leur propre petite personne. Plus grave, ceux qui portent une écharpe tricolore comme dans la photo de gauche ont oublié qu'ils avaient été élus pour assurer le bien-être de leurs administrés.

Le philosophe Michaël Foessel déclare : « Nous ne sommes vraiment libres que dans l'espace public, là où la question des institutions de la vie commune se pose concrètement. Il y a défaite de la politique partout où cette expérience de la liberté comme relation entre les citoyenss s'affaiblit au profit d'une réduction de la vie à la sphère privée. »*

Depuis mon article du 28 décembre 2020, le nombre de morts dus au coronavirus dans le monde est passé de 1'780'000 à 4'260'000, et en France de 62'750 à 112'000. Si l'on veut que cette hécatombe s'arrête, il faut vacciner encore, et toujours. Je ne demande aux antivax que de réfléchir.

* Cité par l'Obs du 19 août 2021.


26 Jul 2021 (English)
Space tourism: an obscene venture
VirginGalactic

Virgin Galactic spaceship
(Click)

Bezos + Branson

Jeff Bezos & Richard Branson

The amount of CO2 released by the flight of Virgin Galactic exceeds 27 tons. Additionnally, the burnt fuel used in this flight produces 600 kg of soot. These carbon particles remain at an altitude of about 50 km for a period of 10 years. As Bezos, Branson and others hope to organise hundreds of these flights in the next years, the soot will accumulate and create a serious disturbance in the stratosphere, likely to generate further climate problems.

What is the scientific benefit?

In my opinion, it is negligible. It may lead to new technological developments, but space tourism serves mainly the entertainment of (ultra-) rich people. They may spend their money as they wish, but not at the cost of the environment.

How much does it cost?

Zero G

Airbus A300 Zero G
(Click)

Zephalto

Zephalto balloon
(Click)

Type of flight Ticket cost Time at
zero gravity*
Altitude
Airbus Zero G
Parabolic flight
6000 € 25 s 6 km
Zephalto
Stratospheric balloon
100'000 € 0 s ** 25 km
Virgin Galaxy
Rocket
200'000 to 300'000 $ 11 min 100 km
International
Space Station
55'000'000 $ Days 400 km

*  For rocket flights and ISS, the absence of gravity is due to the centrifugal force created by orbital movement of the spaceship.
** No orbital flight. At 25 km stationary altitude, the gravity is almost the same as on earth.

It is clear that the stationary balloon, entirely reusable and not using any kerosene or hydrogen fuel, is by very far much more environment-friendly. Nevertheless, it remains a fancy for the rich.

My conclusion

The pollution from short flights is already staggering, but the toll would be much worse if it were to fly tourists to the International Space Station. The huge environmental cost of space tourism is an insult to nature.


19 juil 2021 (Français)
Place au nouveau consommateur !
Danone
Produit de consommation
Aldi
Chaîne de supermarchés
Eh bien, non ! Je ne me reconnais pas principalement comme un consommateur. Je suis en premier lieu un être humain, et accessoirement un citoyen. Bien sûr, je consomme des aliments pour vivre, du savon, du papier et quelques autres produits. Pourquoi la TV nous désigne-t-elle constamment — et pas seulement pendant la pub — comme des consommateurs ?

La société de consommation et les fashion victims sont des aberrations. On nous dit « Consommez davantage pour faire tourner les usines et réduire le chômage. » Ceci est d'autant plus un leurre quand les usines en question sont en Chine ou en Slovaquie. On devrait plutôt nous dire « Consommez moins, pour préserver la planète, et achetez des produits locaux pour réduire les nuisances créées par le transport sur de longues distances. »

En bref, je dis non au consumérisme. Voir aussi ma page Opinions (2008).


28 juin 2021 (Français)
Que d'eau, que d'eau !
Irrigation
Irrigation du maïs

Irrigation
Cultures irriguées en France (clic)

Besoins
Besoins en eau (clic)

Prélèvements
Prélèvements

Consommation
Consommation

Les deux graphiques en
milliards de m3 (Gm3)

Je reviens à mes sujets de prédilection : l'eau, et la pollution. Les données qui suivent proviennent pour la plupart d'articles publiés sur internet. Il y a deux sujets distincts : les ressources en eau, et la qualité de l'eau potable.

1. Les ressources en eau

Les deux images de droite montrent le volume de prélèvements et de consommation d'eau selon son usage. Il convient de différencier les prélèvements bruts, qui correspondent à la quantité totale d'eau prélevée dans le milieu, et les prélèvements nets (ou consommations), qui correspondent à la part du prélèvement qui ne retourne pas au milieu naturel. Une partie du prélèvement net est destinée à la satisfaction des besoins des usagers, et une autre partie est perdue, a priori sans valorisation (évaporation, évapotranspiration non productive...) Par exemple, l'eau utillisée dans la production d'électricité (en vert) sert essentiellement au refroidissement des centrales nucléaires ou thermiques, et elle retourne en plus grande partie dans les rivières, tandis que l'eau d'irrigation (en bleu) se perd en évaporation. Voir le détail du cycle hydrologique.

Le premier graphique de gauche montre les surfaces irriguées en France selon le type de plantation. On y voit que, de très loin, c'est le maïs qui prend la plus grande portion de ces surfaces. Le maïs est une des plantes les plus cultivées en France. A l'origine c'est une céréale exotique, très gourmande en eau. Alors que le blé a besoin d'eau au printemps, le maïs doit être arrosé pendant sa période de floraison, en plein été ! Près de la moitié de l'eau utilisée en France l'est pour l'irrigation du maïs. Et cette production ne cesse d'augmenter car le maïs ainsi produit est principalement utilisé pour nourrir le bétail. On estime ainsi que 13'000 litres d'eau sont nécessaires pour produire 1 kg de boeuf.

On peut améliorer l'irrigation : pour cultiver une tonne de maïs en Algérie, on utilise 6860 m3 d'eau contre 3790 m3 en Grèce : moitié moins, alors que les climats sont comparables ! On peut par exemple supprimer le drainage des champs, limiter l'évaporation en plantant des arbres autour des cultures, ajouter des "mauvaises herbes" pour augmenter la rétention des sols, adopter un système d'irrigation par "goutte à goutte" (un tuyau percé qui apporte de l'eau à la racine des plantes).

Le second graphique de gauche montre les besoins en eau (en dizaines de m3 par hectare) de diverses cultures des cinq continents. Celles qui consomment le plus d'eau sont des plantes tropicales. Il ne s'agit pas ici d'irrigation, car sous les tropiques les pluies sont abondantes.

L'irrigation représente les deux tiers de la consommation mondiale d'eau et jusqu'à 90 % dans de nombreux pays en développement. Près de 40 % des denrées alimentaires mondiales poussent sur des sols irrigués. En France, l'agriculture consomme 12 % des prélèvements d'eau. Toutefois, à la différence de la production d'énergie, pour qui la quasi-totalité des eaux usées sont réutilisables, l'eau d'irrigation est irrémédiablement perdue : l'eau utilisée par l'agriculture représente 42 % de la consommation nette.

Pour l'alimentation du bétail, il y a plusieurs options pour remplacer le maïs ensilage : on peut se tourner vers un système herbager comportant de la luzerne, et, bien sûr, faire paître les vaches dans des prés. Pour les volailles, on peut utiliser du millet et du sorgho qui sont des plantes nécessitant beaucoup moins d'eau.

2. L'eau que nous buvons et où nous nageons

Robinet
Eau potable
Algues
Algues vertes

Les pratiques agricoles : malgré la multiplication des plans et initiatives volontaires nous promettant une agriculture à la fois intensive et respectueuse de l'environnement, les données fournies par les professionnels eux-mêmes montrent que les quantités d'engrais à l'origine des nitrates n'ont pas baissé en vingt ans et que l'utilisation des pesticides a même augmenté de 18 % en 5 ans. Quant à l'irrigation en France, elle s'est particulièrement développée dans les zones les plus touchées par les restrictions d'utilisation d'eau : le Sud-Ouest, la Côte Atlantique, le Val de Loire, le Centre, la vallée du Rhône, aggravant encore la pénurie d'eau.

Si l'emploi des engrais et des pesticides est souvent responsable, il ne faut pas oublier que la concentration des cheptels dans certaines régions est également une cause importante de pollution. Les déjections animales peuvent en effet être absorbées par les cultures ou les prairies jusqu'à une certaine quantité, mais lorsque la densité d'animaux dépasse certains seuils, les nitrates et le phosphore qu'ils rejettent se trouvent en excès dans les sols et risquent alors d'être transférés vers les ressources en eau. Le nitrate est une molécule souvent incriminée. Cet élément contenu dans les engrais minéraux, dans les fumiers et les lisiers présente des risques pour la santé. Des études ont montré son caractère cancérigène. Par ailleurs, il induit une perturbation des écosystèmes aquatiques.

Le phosphore a les mêmes sources que le nitrate. Il n'est pas néfaste pour la santé humaine mais induit un développement anormal d'algues dans les rivières ce qui réduit leurs qualités biologique et piscicole.

Les pesticides, dénommés également produits phytosanitaires, regroupent les herbicides, les fongicides et les insecticides. Ils présentent des conséquences graves sur la santé puisque de nombreuses molécules sont cancérigènes ou portent atteinte au système respiratoire, au système hormonal ou au système nerveux. Ces éléments entraînent également une dégradation des écosystèmes car ils sont toxiques à faibles doses pour de nombreux poissons et invertébrés.

Voir mon article sur les algues vertes, et aussi ma page générale sur l'eau potable.


10 Fév 2021 (Français)
Vous reprendrez bien un peu d'anaptyxe ?
Meteo

La météo

Meteo

Dans le monde

Ce terme rare de linguistique désigne l'insertion entre deux consonnes d'un phonème étranger. Du grec ἀνάπτυξις = croissance. J'entends tous les soirs qu'une nouvelle perturbation va envahir l'oueste de la France, pour se propager à l'este du pays dans la soirée. Plus tard, on vous dira qu'il faut limiter vos sorties au stricte minimum, et que le gouvernement vient de créer une tasque force pour juguler la pandémie.

Ces anaptyxes (mot féminin) heurtent mes oreilles. Elles sont dues au fait que le Français d'aujourd'hui parle une langue relâchée, et en particulier peine à prononcer trois consonnes d'affilée, dans les exemples précédents s-t-d, c-t-m et s-k-f. Voir ma page sur la prononciation.

Ce ne sont malheureusement pas les seuls reproches que je fais aux jolies présentatrices des bulletins météorologiques. Au lieu d'énoncer des phrases courtes, elles accumulent les relatives qui...qui...qui, et abusent du terme «vers» : vers Saint-Pierre-et-Miquelon, vers l'océan Pacifique, vers la Nouvelle-Calédonie, alors que nous préférerions entendre que les phénomènes annoncés se situent dans les zones en question, pas à leurs alentours.


28 Dec 2020 (Français)
Vaccin : souhaitez-vous que la pandémie dure des années ?
Vaccin

Vaccination

Soins intensifs

Soins intensifs

Rappelez-vous la variole, la poliomyélite, la tuberculose : ces maladies ont pratiquement disparu depuis que l'ensemble des populations ont été vaccinées. À ce jour (fin décembre 2020), le coronavirus Covid 19 a fait 1'780'000 morts dans le monde, dont 62'750 en France.

Le vaccin n'est pas obligatoire en France. Cependant, pour que l'épidémie disparaisse, il faut qu'au moins 60 % de la population soit immune. L'intérêt collectif est évident : une France vaccinée serait une France libérée de la Covid. Au XIXe siècle, tout le monde l'aurait admis. Le vaccin n'est pas obligatoire aujourd'hui, mais plus de la moitié des Français sont réticents à se faire vacciner. Souhaitent-ils se promener avec un masque, être privés de théâtre et de cinéma, et vivre dans l'angoisse pendant des années ? Pour ma part, je me ferai vacciner dès que mon tour viendra, dans moins de deux mois je l'espère.

Voir une (longue) présentation en vidéo des différents types de vaccins, leur mode de fonctionnement et leurs avantages et inconvénients éventuels (décembre 2020).


8 Oct 2020 (Français)
Les néonicotinoïdes autorisés à nouveau !
Abeille

Betteraves

Betterave

Maraude
Le lobby des betteraviers a frappé encore une fois. Au grand dam des associations écologistes, l'Assemblée nationale a donné son feu vert à la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes sous la pression de la filière betteraves. Ceci m'amène aux réflexions suivantes :

Il est donc totalement déraisonnable de protéger une industrie qui produit des effets délétères et coûteux — en frais médicaux et en mortalité — pour la société.

Voir aussi mes billets précédents :


30 Sep 2020 (Français)
Maraude : un étrange glissement de sens
Verger
Maraude
Voici diverses définitions du mot «maraude» :

Les deux dernières sont récentes. Je n'ai pas de date exacte, mais je suis surpris de constater que cette acception moderne soit maintenant quasiment la seule connue du public, et je m'interroge sur le mécanisme de ce glissement de sens. Bien entendu, si le terme moderne me paraît étrange, l'action correspondante est plus que louable.


9 May 2020 (English)
How equal are women and men?
Profile
Profile
Do women really want to be equal to men? Certainly not in all respects: the coronavirus, for instance, kills twice as many men as women (respectively 63.8 and 36.2 percent). Nobody seems to know why. And this in spite of the fact that women are more exposed, as supermarket cashiers, as nurses and medical assistants, and they do less teleworking than men. So I am not saying that their life is easier, on the contrary, inasmuch as their salary is still constantly well below that of men. In France, women make up 91 % of medical caregivers, 83 % of elementary school teachers, 90 % of caretakers in retirement homes, 90 % of cashiers and 97 % of household helpers.

On the other hand, women have a longer life expectancy than men. As far as work is concerned, women can now practice professions that were in the past reserved to men, in the police, in the army, as medical doctors. And in France, the unemployment rate has been the same for both genders since about 2010.

Although some progress was done in recent decades, there are still many aspects that we can improve:

But at the end of the day, we are not equal, and should not try to be in all respects.


28 avril 2020 (français)
Une invasion de tiques ? (tics de langage)
Avions
Une tique
 
Il ne s''agit pas ici de l'insecte redoutable et pernicieux présenté sur l'image de gauche, mais des «tiques» qui ont envahi la langue française. Je ne parle pas d'informatique, de linguistique, de robotique ou même de domotique, qui sont des substantifs pleinement justifiés. Je veux parler de ceux que beaucoup utilisent par snobisme, croyant que plus un mot est long, plus ils sont eux-mêmes savants. Ils parlent donc de problématique là où il s'agit d'un problème, et de thématique là ou un sujet suffirait. Le substantif «problématique» est bien aujourd'hui entré dans les dictionnaires, mais récemment (1966) et avec un sens didactique et technique. Dans la grande majorité des cas, il vaut mieux utiliser le mot «problème», qui est simple et ancien (il date de l'antiquité grecque).

Les mêmes commentaires s'appliquent au substantif «thématique». Voir la page que j'ai rédigée sur les expressions douteuses, et celle sur le style.


28 avril 2020 (français)
Changement d'air ? L'avenir de l'aéronautique
Avions
Avions cloués au sol
Ciel
Naguère

Ciel
Aujourd'hui (avril 2020)

Le ciel de Paris était jusqu'à récemment strié de traînées de condensation. Il est aujoutd'hui d'un bleu immaculé (il a fait très beau ces dernières semaines). Avec 95 % d'avions cloués au sol par la pandémie du coronavirus, les compagnies aériennes ont de quoi s'inquiéter, et plusieurs d'entre elles ont déjà fermé boutique. L'avenir est également sombre pour les industries aéronautiques.

Alors que les gouvernements injectent des milliards pour sauver les compagnies aériennes nationales (Air France-KLM, Lufthansa, Swiss etc.) j'ai bien peur que cela ne suffise pas à les maintenir à long terme. En effet, beaucoup d'entreprises internationales se sont rendu compte que des réunions, même importantes, pouvaient se tenir par téléconférence au lieu de faire traverser les continents et les océans par avion. Bien moins coûteux et presque aussi efficace.

D'autre part, le week-end à Barcelone avec un vol EasyJet à 45 € est-il bien nécessaire ? Nombre de compagnies à bas coût sont ou vont bientôt être en faillite. Le prix du billet va augmenter, et la frénésie de "l'évasion" diminuer. Le frêt aérien devrait aussi diminuer si nous sommes moins enclins à faire venir des produits de l'autre bout du monde (voir l'article ci-dessous du 14 avril).

J'ai pleine conscience cependant que si les avions volent moins, les compagnies aériennes et les constructeurs perdront une grande partie de leur activité, et que les gens qui y travaillent seront en difficulté. Mais le monde change, les canuts de Lyon et les chauffeurs de locomotives à vapeur ont disparu il y a belle lurette. Cela a dû être douloureux.

La diminution du trafic aérien a aussi un effet spectaculaire sur la pollution de l'air. Je m'en réjouis. Mais alors, les gouvernements doivent-ils absolument mettre ces milliards d'euros dans ce secteur ? À mon avis, ils devraient en soustraire une bonne partie et l'affecter au développement des réseaux ferroviaires, qui sont des champions en matière d'écologie.

Un changement d'air, disais-je : moins de transport aérien, routier et maritime, retour au transport sur rail, diminution des rejets de gaz carbonique. J'ose espérer qu'il ne s'agit pas d'un vœu pieux, mais bien d'une perspective d'avenir.


14 avril 2020 (français)
Bienfaits et méfaits de la mondialisation
1998
Shanghai, 1998
(Photo Dardel}
2020
Shanghai, 2020
(Un tram dans Nanjing road)
Bon nombre d'entreprises américaines et européennes, dans les années 1980, crurent intelligent de délocaliser leur production en Chine. La main d'œuvre y était bon marché, la réglementation écologique pas trop contraignante, et le gouvernement chinois était ravi de voir l'industrie occidentale s'implanter.

Ce gouvernement, malin, exigea le plus souvent des transferts de technologie. Et voilà, trente ans plus tard, c'est la Chine qui fournit le reste du monde en médicaments, en téléphones portables, en vêtements, en automobiles, en trains à grande vitesse, et bientôt sans doute en avions.

Notre société d'hyperconsommation est devenue tragiquement dépendante de tous les produits fabriqués dans l'Empire du Milieu. Les gouvernements occidentaux ont accepté que même les produits stratégiques, tels que ces médicaments ou du matériel médical, en soient importés, au détriment de la production locale qui a vu de nombreuses usines fermer.

Entretemps, le coût de la main d'œuvre chinoise s'est considérablement accru, la pollution en Chine atteint des records, l'industrie européenne a fondu, et de nombreuses entreprises qui avaient cru judicieux de délocaliser s'en mordent aujourd'hui les doigts. Plusieurs gouvernements occidentaux exhortent ces industriels à rapatrier leur production dans leur pays d'origine.

En même temps, on peut se réjouir que le niveau de vie en Chine se soit extraordinairement amélioré. La famine qui faisait des ravages du temps de Mao a disparu, les Chinois sont devenus de gros amateurs de produits de luxe, de vins français et de chaussures Nike (produites localement). Les métropoles chinoises se sont hérissées de grattes-ciel.

Xi
Xi Jinping masqué (2020)
 
Et le coronavirus, dans tout ça ? Eh bien, la pandémie nous apprend plusieurs choses. D'abord, l'épidémie s'est répandue à une vitesse incroyable, et a touché le monde entier. Ce monde n'avait pas encore adopté le «skamflyg», la honte de voler promue par la petite Suédoise Greta Thunberg. En deuxième lieu, une coopération internationale exemplaire s'est développée dans le monde médical, et même, en Europe, dans le monde politique. Voilà donc à la fois un exemple des méfaits et des bienfaits de la mondialisation.

Ensuite, le confinement nous aura fait découvrir que l'on peut vivre sans la frénésie de consommation de notre époque. Et l'on peut espérer que cette frénésie s'atténuera quand l'épidémie aura été jugulée. Enfin, de très nombreux élans de solidarité sont apparus, en contradiction avec l'individualisme prédominant dans notre société moderne. Ceci n'est qu'indirectement un bienfait de la mondialisation, mais on peut aussi espérer qu'il perdure.


11 avril 2020 (français)
Hygiène et sécurité
Hygiaphone
Hygiaphone
Un guichet (clic)

Hygiaphone
Un autre guichet (clic)
 

Dans les années 1960, tous les guichets des PTT (la poste), de la SNCF, de la RATP, des banques, étaient protégés par ce dispositif appelé hygiaphone, une plaque perforée en plexiglas. Ceci était censé prévenir que les employés ne soient contaminés par des clients atteints de tuberculose, qui faisait encore de nombreuses victimes à l'époque.

Par la suite, tous ces guichets ont disparu, et le client d'aujourd'hui fait face à l'employé derrière un simple comptoir, en principe pour plus de «convivialité». En la présente période de pandémie au coronavirus, toutes ces institutions tentent tant bien que mal à se protéger à nouveau et montent de précaires paravents pour que l'employé ne reçoive pas les postillons du client.


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