Mise à jour 5 septembre 2009

Poèmes

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Drei kurze Stücke auf Deutsch ganz unten

Blason

Jean Pellerin

Connaissez-vous Jean Pellerin?

Jean Pellerin 2

Ta nuque est une fleur choisie
Avec mille soins délicats
Par la fée aux matins d'Asie.
Tes bras ont le goût des muscats,
Tes cheveux tordent une flamme.
Tes genoux ouvrent une femme,
Un sourire vient se loger
Au plus tendre coin de ta bouche :
Lève ton visage que touche
Le bonheur au crayon léger.
Silence. Les dernières rames
Impatientes aux arrêts
Vont porter les dernières dames.
Au terminus de Champerret.
Armistice des porcelaines.
La vitre a mangé nos haleines
En face, les époux vantés
Opposant leurs ventres convexes.
Tentent d'utiliser leurs sexes
Aux yeux d'un Greuze épouvanté.
L'hémérocalle safranée,
Le nyctanthe de Malabar
Ne fleurissent plus cette année.
Les tubes nickelés du bar.
Le lad est parti, Dolly brune,
À qui vous filiez une thune
Contre un pronostic pour Longchamp.
Seule, demeure la gravure
Où l'Anglaise au teint de saumure
Flatte, rêveuse, un chien couchant.
Hémérocalle
Aimer. Tu seras dévêtue,
J'aurai quitté mon pyjama.
Il faudra que je m'évertue,
Non. Je pars pour Yokohama.
Le charbon devient maritime
Et le large fauteuil intime,
Où va chatoyer ton crépon,
Sent qu'en son cuir se cristallise,
Soudain, l'âme d'une valise
Dans les cahots d'un entrepont..
Aimer ? Qui se leurre ? Aristippe ?
Le professeur d'ocarina
Qui, chaque soir, après sa pipe,
Jouait « C'est dans tes yeux, Lina » ?
Est-ce mademoiselle Angèle
Dont chaque larme se congèle
A la froideur des sentiments ?
Ou la Reine des érasties
Vêtant par galvanoplastie
Les cadavres de ses amants ?

Jean Pellerin, poète parisien (1885 - 1921)

D'autres strophes du "Bouquet inutile" de Jean Pellerin et d'autres poèmes sont sur une page dédiée


Jean de La Fontaine

CONTE DE ***
(Sœur Jeanne. )

Sœur Jeanne, ayant fait un poupon,
Jeûnait, vivait en sainte fille,
Toujours était en oraison;
Et toujours ses sœurs à la grille.
Un jour donc l'abbesse leur dit :
« Vivez comme sœur Jeanne vit ;
Fuyez le monde et sa séquelle.»
Toutes reprirent à l'instant :
« Nous serons aussi sages qu'elle
Quand nous en aurons fait autant.»

Jean de La Fontaine, poète et fabuliste (1621 - 1695)

Voir mon autre page sur La Fontaine avec plusieurs fables intéressantes

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Alfred de Musset

 

VENISE

Dans Venise la rouge,
Pas un bateau qui bouge,
Pas un pêcheur dans l'eau,
Pas un falot.

Seul, assis à la grève,
Le grand lion soulève,
Sur l'horizon serein,
Son pied d'airain.

Autour de lui, par groupes,
Navires et chaloupes,
Pareils à des hérons
Couchés en ronds,

Dorment sur l'eau qui fume,
Et croisent dans la brume,
En légers tourbillons,
Leurs pavillons.

La lune qui s'efface
Couvre son front qui passe
D'un nuage étoilé
Demi-voilé.

Ainsi, la dame abbesse
De Sainte-Croix rabaisse
Sa cape aux larges plis
Sur son surplis.

Et les palais antiques,
Et les graves portiques,
Et les blancs escaliers
Des chevaliers,

Et les ponts, et les rues,
Et les mornes statues,
Et le golfe mouvant
Qui tremble au vent,

Tout se tait, fors les gardes
Aux longues hallebardes,
Qui veillent aux créneaux
Des arsenaux.

- Ah ! maintenant plus d'une
Attend, au clair de lune,
Quelque jeune muguet,
L'oreille au guet.

Pour le bal qu'on prépare,
Plus d'une qui se pare,
Met devant son miroir
Le masque noir.

Sur sa couche embaumée,
La Vanina pâmée
Presse encor son amant,
En s'endormant ;

Et Narcisa, la folle,
Au fond de sa gondole,
S'oublie en un festin
Jusqu'au matin.

Et qui, dans l'Italie,
N'a son grain de folie ?
Qui ne garde aux amours
Ses plus beaux jours ?

Laissons la vieille horloge,
Au palais du vieux doge,
Lui compter de ses nuits
Les longs ennuis.

Comptons plutôt, ma belle,
Sur ta bouche rebelle
Tant de baisers donnés...
Ou pardonnés.

Comptons plutôt tes charmes,
Comptons les douces larmes,
Qu'à nos yeux a coûté
La volupté !

 

Alfred de Musset, poète et dramaturge parisien (1810 - 1857) Top

Arthur Rimbaud

BONNE PENSÉE DU MATIN

A quatre heures du matin, l'été,
Le sommeil d'amour dure encore.
Sous les bosquets l'aube évapore
L'odeur du soir fêté.

Mais là-bas dans l'immense chantier
Vers le soleil des Hespérides,
En bras de chemise, les charpentiers
Déjà s'agitent.

Dans leur désert de mousse, tranquilles,
Ils préparent les lambris précieux
Où la richesse de la ville
Rira sous de faux cieux.

Ah ! pour ces Ouvriers charmants
Sujets d'un roi de Babylone,
Vénus ! laisse un peu les Amants,
Dont l'âme est en couronne.

O Reine des Bergers !
Porte aux travailleurs l'eau-de-vie,
Pour que leurs forces soient en paix
En attendant le bain dans la mer, à midi.




LA MALINE

Dans la salle à manger brune, que parfumait
Une odeur de vernis et de fruits, à mon aise
Je ramassais un plat de je ne sais quel met
Belge, et je m'épatais dans mon immense chaise.

En mangeant, j'écoutais l'horloge, - heureux et coi.
La cuisine s'ouvrit avec une bouffée,
- Et la servante vint, je ne sais pas pourquoi,
Fichu moitié défait, malinement coiffée.

Et, tout en promenant son petit doigt tremblant
Sur sa joue, un velours de pêche rose et blanc,
En faisant, de sa lèvre enfantine, une moue,

Elle arrangeait les plats, près de moi, pour m'aiser;
- Puis, comme ça, - bien sûr, pour avoir un baiser,
- Tout bas : « Sens donc : j'ai pris une froid sur la joue... »

Arthur Rimbaud, poète et voyageur (1854 - 1891) Top

Boris Vian

Pas un poème, juste une page assez typique : Eccéité de la pin-up girl.
Un texte savoureux, quoique un peu daté (1946).


Johann Wolfgang von Goethe

Tischbein: Goethe Mignon

Kennst du das Land, wo die Zitronen blühn,
Im dunklen Laub die Goldorangen glühn,
Ein sanfter Wind vom blauen Himmel weht,
Die Myrte still und hoch der Lorbeer steht?
Kennst du es wohl?
Dahin, dahin
Möcht ich mit dir, o mein Geliebter, ziehn!

Kennst du das Haus? Auf Säulen ruht sein Dach.
Es glänzt der Saal, es schimmert das Gemach,
Und Marmorbilder stehn und sehn mich an:
Was hat man dir, du armes Kind, getan?-
Kennst du es wohl?
Dahin, dahin
Möcht ich mit dir, o mein Beschützer, ziehn!

Kennst du den Berg und seinen Wolkensteg?
Das Maultier sucht im Nebel seinen Weg.
In Hoehlen wohnt der Drachen alte Brut.
Es stuerzt der Fels und über ihn die Flut.
Kennst du ihn wohl?
Dahin, dahin
Geht unser Weg.
O Vater, lass uns ziehn!

 

V Barbey 1 
Rembrandt: Faust FAUST:

Habe nun, ach! Philosophie,
Juristerei und Medizin,
Und leider auch Theologie
Durchaus studiert, mit heißem Bemühn.
Da steh ich nun, ich armer Tor!
Und bin so klug als wie zuvor;

 

Goethe
Johann Wolfgang von Goethe, Dichter und Philosoph (1749 - 1832).

Text: Faust, Der Tragödie erster Teil (Deutsch).

Wilhelm Busch

W. Busch Eins, zwei, drei, im Sauseschritt
Läuft die Zeit, wir laufen mit,
Schaffen, schuften, werden älter,
Träger, müder und auch kälter,
Bis auf einmal man erkennt,
Daß das Leben geht zu End.
Viel zu spät begreifen viele
Die versäumten Lebensziele:
Freude, Schönheit und Natur,
Gesundheit, Reisen und Kultur.

 

A

Im Ameishaufen wimmelt es,
Der Aff' frißt nie Verschimmeltes.

Aus "Naturgeschichtliches Alphabet"
für größere Kinder und solche, die es werden wollen

Wilhelm Busch, Dichter und Humorist (1832 - 1908). Link (Deutsch).

Beispiel aus "Münchner Bilderbogen" : die Fliege

Sans paroles — Without words — Ohne Worte: der Virtuos

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