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Mise à jour
22 juillet 2018


Famille Dardel


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Le glossaire illustré en cinq langues et toutes les illustrations séparément.

Héraldique
Quelques rudiments























L'héraldique date du Moyen-Âge. Il s'agissait à l'origine de reconnaître sur le champ de bataille, ou lors de joutes, les ennemis et les alliés. Comme les soldats portaient le plus souvent des armures leur dissimulant le corps et le visage, ils prirent l'habitude de montrer sur leurs boucliers, et sur des bannières, des couleurs vives arrangées en dessins faciles à reconnaître. L'héraldique est la science — ou plutôt l'art — des blasons. On trouve sur internet de bonnes pages de détail sur le sujet. Je me contenterai de donner ici quelques principes de base.

L'écu est la pièce centrale des armoiries. C'est ce qui nous occupera ici, et je laisserai à d'autres les ornements extérieurs, timbres, supports, couronnes, colliers et devises(1). Le blason est le dessin de ce qui est inscrit dans l'écu. Le blasonnement est la description du blason, régie selon des règles strictes permettant de reconstituer mentalement ou de dessiner les armoiries dans tous leurs détails. Le vocabulaire de l'héraldique est très précis, mais vaste et touffu. Voir mon glossaire illustré de plus de 500 termes héraldiques et les liens en bas de page.

Les couleurs
Elles sont au nombre de huit(2), dont les deux dernières (pourpre et orange) sont peu employées. On distingue :

Deux métaux :

Les émaux :

Pour la gravure (imprimerie en noir et blanc, chevalières), un code de hachures est utilisé comme dans l'image de droite. Une couleur supplémentaire, dite "carnation", plus récente et peu héraldique, est destinée à représenter les parties nues du corps humain. On voit aussi parfois l'expression "au naturel" : les meubles (figures, voir ci-dessous) dits au naturel sont ceux qui sont représentés avec la couleur qu'ils tiennent de la nature. Cela s'applique surtout, en plus du rose "carnation', aux couleurs brunes et grises.

Vairé
Vair
Bretagne
Hermine
J'ai dessiné tous les blasons de ces pages avec les couleurs héraldiques seulement, d'une palette constante, en évitant les nuances de couleur.

Les fourrures, au nombre de deux, s'ajoutent aux couleurs ci-dessus. Il s'agit de l'hermine — que vous connaissez dans les armoiries de la Bretagne ci-contre — et du vair, ici "vairé d'azur et d'or".

Les pièces honorables et partitions

Ce sont les divisions géométriques de l'écu. Elles sont nombreuses.
Un petit nombre d'exemples :

Dextre et senestre

Question : Pourquoi le flanc dextre est-il à gauche et le senestre à droite ?
Réponse : Parce que l'écu se regarde comme une figure humaine : la dextre de l'écu est à droite pour celui qui le porte, mais à gauche pour celui qui le regarde.

Les meubles

Ce sont les figures dessinées sur l'écu. Elle sont fort nombreuses, et reflètent l'imagination de l'inventeur du blason. Lorsque les meubles se rapportent au patronyme, on dit les armes "parlantes". Il y en a plusieurs dans les blasons des familles alliées Dardel : Baer, Boy de la Tour, Brennwald, Châtelain, Engelhardt, Favre, Gaille, Gueissaz, La Harpe, Isenschmid, Lewenhaupt, Messerli, Ostervald, Piaget, Storckenfeldt, pour peu que l'on fasse l'analyse étymologique du nom.

Les meubles les plus courants sont, avec de multiples variantes, les aigles (féminines en héraldique), les lions, fleurs de lys, roses, croix, couronnes et toutes sortes d'outils.

En général, les animaux regardent à dextre. Dans le cas contraire, ils sont dits "contournés".

Lion
D'azur au lion (rampant) d'or
(le lion est rampant par défaut)
Cheval
D'argent au cheval gai contourné de sable
Aigle
D'or à l'aigle éployée de sable becquée et membrée de gueules

Une pièce honorable ou un meuble peuvent être chargés d'un autre meuble :
Bouvier
Palé de quatre pièces d’azur et d’or, une bande d’argent
chargée de trois étoiles de gueules brochant sur le tout.

Trois règles

  1. Une règle esthétique :
    Ne pas mettre métal sur métal ni émail sur émail. dans ce cas, le contraste n'est pas bien marqué, et l'écu peu lisible, et une figure rouge sur un fond bleu ou vert est en effet assez moche. Cette règle s'applique aux meubles et pièces honorables, pas aux détails (feuilles, bec, griffes). Les exceptions à cette règle sont appelées "armes à enquerre", ce qui veut dire fautives. Dans les blasons de la famille, on en trouve plusieurs : Chanel, Darbelley, Dessoulavy, Loup, Martini, Membru...; quant à Magnenat, le pourpre du champ fait exception à la règle émail sur émail.
    Lion
    D'azur au lion d'or
    (bon)
    Cheval
    De sinople au lion d'azur
    (à enquerre)
    Aigle
    D'argent au lion d'or
    (à enquerre)
  2. Une règle fondamentale :
    Tu peux choisir les armes qui te plaisent, à condition qu'elles ne soient pas déjà portées par quelqu'un d'autre. Évidemment, au Moyen-Âge, on ne pouvait pas vérifier avec Google si le blason choisi n'était pas en vigueur à l'autre bout de l'Europe...
  3. La troisième est une variante de la deuxième :
    Le blason plein échoit en partage à l'aîné
    Tout autre doit briser comme il est ordonné.

    Ces deux alexandrins signifient que le blason est en principe transmis par l'aîné de la famille, et que les autres descendants mâles doivent y apporter une modification (brisure) pour se distinguer de l'aîné. Cette règle n'est plus guère appliquée aujourd'hui.
Voir ces règles (en vers...) selon Claude-François Ménestrier (1659) et Jean-Baptiste Philipoteau (1729).

Ordre du blasonnement

On commence toujours par le fond de l'écu : d'argent à la fasce de gueules. Pour les autres dispositions, on suit l'ordre indiqué ci-dessous : parti d'argent et de gueules, écartelé de gueules et d'argent, etc. Pour le dernier : tiercé en fasce d'or, de gueules et d'argent.

Description des couleurs

Pour éviter la répétition, on blasonne souvent les émaux en se rapportant à ceux déjà mentionnés : du même, du champ, du premier, du dernier, du deuxième etc. Cliquer l'image pour le blasonnement de cet exemple.

Burnand

Pratique

Pour vous exercer, voir le blasonnement de plusieurs centaines d'écus de familles rattachées à la mienne.

Glossaire

Je vous ai préparé un glossaire quintilingue de l'héraldique de plus de 500 termes (FR-DE-IT-EN-ES), illustré par mes soins. La plupart de ces termes ont une description en français.

Pour en savoir plus

Voici quelques liens qui offrent de nombreux détails sur l'héraldique et l'art des blasons :

Je recommande aussi l'ouvrage de Pierre Joubert : "Les Armes, initiation à l'Héraldique", publié par Ouest-France en 1977, avec d'abondantes et remarquables illustrations, ou sa version plus récente "Nouveau guide de l'héraldique" de 1984.

(1) À titre d'exemple illustré de blasonnement complet, voir les armes royales de Suède dans la page "blasonnement".
(2) Il y a toujours deux métaux (or et argent) mais le nombre d'émaux varie selon les époques : pour Ménestrier, il y en a quatre (gueules, azur, sable et sinople) ; pour Philipoteau, il y en a cinq, donc il ajoute le pourpre. L'orange est encore postérieur, et très rarement utilisé. Les couleurs sont toujours parfaitement unies et sans nuances de teinte.

Les blasons dans la colonne de gauche sont extraits de l'armorial des familles Dardel et associées.

© François de Dardel


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