| Expressions (français)Mise à jour 26 juin 2010 |
![]() Home |
This page in French, with some English and a little German on another page.
Cette page couvre des questions de style et de sémantique. Voir ci-dessous des liens en français (anglais a et allemand sur l'autre page).
Enfin, voir ce que j'ai écrit sur la prononciation du français et trouvé sur celle de l'anglais.
Un florilège d'impropriétés langagières glanées à la radio, dans la rue, au bureau ou dans les journaux.
Ces expressions sont souvent le reflet d'une fausse appréciation de la précision de la langue. On croit avoir le mot juste, le mot à la mode, et c'est du charabia.
Utilisons des mots simples quand nous ne sommes pas sûrs. Je ne suis pas grammairien, et les professionnels du langage ne seront peut-être pas tous d'accord avec moi, mais tant pis.
S'il fallait donner un conseil simple et général, ce serait : réfléchissons à ce que nous disons avant de le dire ou de l'écrire...
Il y a ici une confusion entre l'expression "loin de là" et l'expression "il s'en faut de beaucoup", ou "tant s'en faut". Vous pouvez donc utiliser l'une de ces trois dernières, mais pas "loin s'en faut".
Et le Premier Ministre (François Fillon) s'empresse de qualifier le dernier attentat en Corse en ajoutant : un acte de délinquance. Dans le jargon journalistico-politique d'aujourd'hui, il semble qu'inqualifiable veuille dire : regrettable, délictuel, criminel, condamnable, offensif. Alors, messieurs les journalistes et les politiciens, n'ayez pas peur des mots : qualifiez plus précisément ces actes que vous dites inqualifiables. Évidemment, ça vous coûtera un petit effort d'expression.
Si je réponds: "Ton grand-père allait-il à la chasse en cheval ?" ou encore : "Sancho Pança suivait Don Quichotte en âne" on va me regarder de travers et penser : mais quel français ce type parle-t-il donc ?
Ça y est, vous avez deviné : quand on est dedans, on va "en" (voiture, autocar, train, avion), mais quand on est dessus, on va "à" (cheval, vélo, moto, skis). Pour le chameau, l'éléphant et l'âne, on dira plutôt: "à dos de chameau" etc. Donc, depuis qu'il y a une station de "Vélib'" devant sa porte, il va au bureau à vélo.
Cette expression a remplacé depuis quelque temps le "pas de problème !" qui sévissait (et sévit toujours en parallèle) depuis une trentaine d'années. C'est une expression "fourre-tout" qui, si l'on veut bien étudier les locuteurs, ne signifie pas grand'chose, mais a souvent un double sens :
Dans ce second cas, il vaut mieux dire "je vous en prie" ou familièrement "pas de quoi" pour indiquer que le service rendu ne m'a pas coûté beaucoup. Et dans le premier cas, il n'est souvent pas nécessaire de rajouter quoi que ce soit à une assertion, ou alors, quelque chose du genre "c'est évident" ou "je vous l'assure". Dans tous ces cas, il n'est pas besoin de créer un problème ou de se faire du souci, tous deux inexistants...
*Pour les non-francophones: "ya pas" est un raccourci pour "il n'y a pas".
Naguère, il m'aurait appelé au niveau de Sylvie. Ce n'était pas mieux, et heureusement l'expression "au niveau de" qui avait fait florès dans les années 1970-80 a maintenant largement disparu. Mais depuis peu, "par rapport à" a surgi pour la remplacer. Il faut croire que l'usage de locutions ou de prépositions simples ne satisfait pas, et qu'il faille utilliser des expressions verbeuses, souvent mal à propos.
Il fallait dire : "Je t'appelle au sujet de Sylvie", ou même, plus court : "Je t'appelle pour Sylvie". "Par rapport à" implique une comparaison, par exemple : "Tu es un bon photographe par rapport à moi", ou "la Russie est immense par rapport à la France".
Autre exemple entendu : "Elle se fait du souci par rapport à sa santé". Ici encore, on pourrait dire "au sujet de sa santé", ou "pour sa santé". Restons simples (voir "chevilles" ci-dessous.
Depuis quand les légumes parlent-ils ? Soi-disant signifie "qui prétend être". Le légumes ne prétendent rien, c'est le marchand qui veut faire croire à une qualité non avérée. Il faut donc dire : "Ces légumes prétendus bio" ou "prétendument bio". En revanche, on peut dire d'un homme qui a usurpé une fonction : "Le soi-disant capitaine n'était en fait que sergent."
Déclaration d'une grande sportive française. Mais pourquoi derrière ? Elle veut dire grâce à cela, par la suite, après, par conséquent. C'est encore un mot paresseux, proche de la cheville, avec lequel on se dispense de la précision. Derrière est un adverbe de lieu, pas de temps ni de causalité.
Gagner la coupe du monde, c'est pas évident. Évident veut dire "qui s'impose à l'esprit". Mais ici — c'est évident — le locuteur veut dire "ce n'est pas facile". Dans quasiment tous les exemples que l'on entend, on devrait remplacer "pas évident" par "pas facile".
C'est un pléonasme : somptuaire veut dire "relatif aux dépenses". Dans l'antiquité, les lois somptuaires (leges sumptuariae) combattaient le luxe excessif et réglaient la dépense. En 1660 en France un édit somptuaire interdit le port d'aucune étoffe d'or ou d'argent, fin ou faux etc... L'erreur provient évidemment de la confusion avec le mot somptueux.
Il vaut mieux dire des dépenses excessives ou ostentatoires, ou encore des dépenses d'apparat.
Avéré signifie reconnu ou confirmé comme vrai, certain. Par exemple, l'erreur a été avérée, bien que cet usage soit un peu désuet. Plus courant : la complicité du prévenu a été avérée. S'avérer est à peu près synonyme de se confirmer.
S'avérer vrai serait un pléonasme, mais s'avérer faux est un barbarisme : il faut dire sa conclusion s'est révélée fausse.
Est-ce que tous les adversaires de ce champion de tennis ont déclaré forfait dès le début des matchs ? Aurait-il gagné sans toucher une seule balle ?
Le mot férir (qui n'existe plus que dans cette expression, et dans l'adjectif féru) vient d'un mot latin (ferire) signifiant frapper. Sans coup férir veut donc dire : sans porter de coups, sans combattre. Par extension, sans résistance, facilement. L'appliquer dans un contexte où le principe même de l'action est une joute ou un combat, est donc bien mal à propos.
On pourrait dire : sans résistance, facilement, avec sa maîtrise habituelle, sans trop de tracas, que sais-je. Simplement, il est clair qu'il a combattu, et qu'il a gagné, mais pas sans coup férir.
Voyez-vous Sa Sainteté Benoît XVI armé d'un maillet et de pieux, suant et soufflant, en train de planter une clôture autour des congressistes pour empêcher ceux-ci de s'échapper ? Voilà encore un coup sournois des verbes du troisième groupe (voir plus bas).
Il est en effet tellement plus facile de conjuguer le verbe clôturer, qui veut dire entourer d'une clôture, plutôt que le verbe clore, qui signifie fermer, terminer. Demain, dans le journal, on devra lire "le pape a clos le congrès", et non pas clôturé...
Bientôt, ils diront "j'ai été très impacté par le décès de mon neveu"... Le verbe impacter (qui n'existe dans aucun dictionnaire à ce jour) est un emprunt malheureux à l'anglais, où d'ailleurs il n'existe pas non plus dans ce sens, mais qui est devenu un "buzzword" (à la mode). J'en parlais déjà il y a quelque temps dans mon chapitre en anglais sur cette même page.
Dites plutôt: affecter, ce qui vaut à la fois pour les résultats de l'entreprise et pour la mort de l'un de mes proches.
L'opportunité, c'est le fait d'être opportun. Par exemple, lorsque vous contestez l'opportunité d'une décision, vous exprimez que "ce n'est pas le moment" de la prendre.
"De nouvelles opportunités se présentent à nous" est un anglicisme. Il faut dire de nouvelles occasions. D'ailleurs, ce sont peut-être même des chances...
Vous ne pouvez plus voir un prospectus d'agence de voyages sans que l'on vous parle d'évasion. Vous ne pouvez plus entendre parler d'une grève sans que l'on vous dise que les usagers du train ont été pris en otage. Demandez à un prisonnier de guerre ce qu'il entend par évasion. Demandez à celui qui a été pris en otage par des terroristes ce que signifie pour lui le mot otage.
Ce sont, me direz-vous, des métaphores. Soit. Mais utiliser un mot ou une expression pour en affaiblir le sens est un mauvais service que l'on rend à la langue. Et répéter sans fin la même métaphore est pour le moins une faute de style. Voyez ce qu'en disait il y a soixante ans l'écrivain britannique George Orwell.
Même Nostradamus, qui a tout prévu pour les siècles à venir, et depuis plusieurs siècles, est incapable de prévoir un parapluie. Vous pouvez, comme lui, prévoir le temps qu'il fera le 13 juin 2014, et vous aviser qu'il sera sage ce jour-là de prendre un parapluie.
Dites alors simplement: prenez un parapluie.
Si vous en êtes encore à chercher un but, ou un objectif, vous n'êtes pas près de l'atteindre...
Dites alors simplement: le but visé, ou l'objectif à atteindre.
Ce n'est peut-être pas un oxymoron, mais c'est sûrement un barbarisme...
Dites plutôt: réduire au minimum, ou diminuer le plus possible.
Encore une fois, on me prendra pour un cinglé si je réponds : lui as-tu demandé s'il était d'accord ? D'accord ? mais de qui parles-tu ? Eh bien, de ce Rosé que tu veux m'amener...
La règle est simple : si c'est une personne ou un animal vivant, on l'amène (ou on l'emmène); si c'est un objet, on l'apporte (ou on l'emporte). Si l'on m'amène un poulet pour le dîner, il faudra d'abord que je le tue ; si l'on m'apporte un poulet, il suffira que je le mette au four, à moins qu'il ne soit déjà cuit... Soyons juste : j'exagère un peu, car le poulet, on l'apporte, même vivant, parce que l'on peut le porter, tandis qu'on le voit mal amené, en laisse ou bras-dessus, bras-dessous...
Moi, je voyage, mais lui se déplace.
Je voudrais bien savoir ce que ce "déplacement", qui n'est pas un bien joli mot, dit de plus. Dites simplement: Il est en voyage, ou à la rigueur en voyage d'affaires. Les Allemands ne connaissent que les "Geschäftsreisen", et les Anglais les "business trips". Je trouve déplacé le mot déplacement...
Si le journaliste réfléchissait un peu à ce qu'il dit ou écrit, il sentirait la racine "décime", un dixième, dans le verbe décimer. Décimer veut dire supprimer un élément sur dix. La malheureuse famille tuée ce matin dans un accident de circulation n'a pas été décimée, elle a été anéantie. Si au cours d'une bataille l'ennemi est décimé, il est probable que le reste de ses troupes aura du mal à faire face.
Dans le même ordre d'idées, l'expression coupe sombre signifie l'élimination de quelques éléments seulement, pas de la plupart : en forêt, lorsque vous pratiquez une coupe sombre, la densité des arbres n'est pas sensiblement modifiée. En revanche, si vous faites une coupe claire, vous abattez tant d'arbres que la forêt s'éclaircit.
Pour atténuer une expression qui ne doit pas leur paraître totalement correcte, on entend les présentateurs de radio et de télévision dire "cela fait trois jours" au lieu de "ça fait". L'expression n'est pas vraiment incorrecte, elle n'est que négligée. Si l'on ne veut pas tourner la phrase dans l'autre sens : ils sont en grève depuis trois jours, on devrait dire voilà trois jours qu'ils sont en grève. Voilà. Sinon, on a l'impression d'entendre : un chien, ça fait dans le caniveau...
Vous me remercierez une fois que vous aurez reçu le document en retour. Auparavant, vous devez me prier de vous le renvoyer. "Merci de..." est une injonction que je trouve comminatoire ou du moins autoritaire. Dites plutôt Nous vous prions de nous le retourner, ou même Prière de nous le retourner. Si vous voulez vraiment être courtois, vous pouvez dire Nous vous saurions gré de nous le retourner. Vous pouvez toujours ajouter et nous vous en remercions par avance.
La belle chance que voilà !
Dites simplement: Il risque d'y laisser sa peau, ou il n'a que 20% de chances de s'en sortir vivant.
Non ! La Providence est intervenue, ou Dieu, ou peut-être simplement un médiateur. Le ministre est intervenu à la tribune. L'accord, lui, n'est pas intervenu, il n'est que le résultat de l'intervention ou de la médiation.
Dites simplement: Un accord a été conclu, ou signé. S'il s'agit d'un tremblement de terre ou d'une manifestation d'ouvriers, dites que l'évènement s'est produit ou qu'il a eu lieu. La police, elle, est bien intervenue au cours de la manifestation pour en écarter des fauteurs de trouble...
Voilà un exemple de style ampoulé: le verbe "avoir" est-il trop simple ?
Dites simplement: La société offre vingt nouveaux emplois. Dans les trois-quarts des cas, utiliser le verbe avoir est tout aussi clair, et beaucoup plus simple. Vous disposez de votre fortune comme vous l'entendez, ou vous disposez de quinze jours pour répondre à une mise en demeure, mais vous ne disposez pas d'un emploi: vous l'avez ou ne l'avez pas.
Dans le même ordre d'idées: le verbe "avoir" en dit tout autant. Dites: Le Paris-Saint-Germain a quatre points d'avance. Si j'ai cinq minutes de retard, je ne les possède pas. Quand j'avais vingt ans, je ne les possédais pas non plus. J'aimerais posséder un château en Anjou, ou un compte en banque rondelet.
Pour rester dans le domaine sportif...
Rescapé : selon le Petit Robert, personne qui a échappé à un accident, à un sinistre. Utiliser ce mot pour ceux qui n'ont pas abandonné le Tour de France serait une métaphore si cette utilisation était exceptionnelle. En devenant un cliché, le mot est aussi devenu impropre.
Quant à Tricolore, voir ma page "réactions".
On pourrait croire qu'elle venait d'en sortir, et qu'elle y avait oublié son sac à main. Mais non, la plupart du temps, elle n'est qu'entrée dans le cinéma pour y voir un film.
Dites simplement: Elle est entrée dans le cinéma.
Ici, il s'agit d'une difficulté de la langue française parlée, qui exige la liaison d'un mot se terminant par une consonne avec le mot suivant commençant par une voyelle: il faudrait dire "elle est [t] entrée" mais "je suis [z] entré". Évidemment, si tout le monde "rentre", ça règle le problème des liaisons. Voir aussi ma page sur la prononciation du français, et en particulier du phénomène "Euro".
Non. C'est le concert qui débute, pas le pianiste. Ou si c'est le pianiste qui débute, il ne commencera pas son concert avec un morceau de bravoure... Débuter est intransitif.
Dites plutôt: Le concert débuta par un cappricio. Ou encore: Le pianiste commença son concert...
Cas 1
Gwenaëlle: "J'ai rien compris au cours, et toi Thibaud ?"
Thibaud: "Pareil".
Cas 2
Vanessa (à Ludivine): "Regarde Jordan, il est habillé pareil que Ludovic, ça craint un peu...".
On dit de deux choses qu'elles sont pareilles. On dit éventuellement qu'elles sont pareilles l'une à l'autre. Mais "j'ai fait pareil" est un barbarisme. On doit dire "j'ai fait la même chose".
Dans le cas 2 on devrait dire "ils sont habillés de façon identique". Je reconnais que c'est plus long que "pareil", mais c'est moins vilain.
Disons tout simplement: "Regarde Jordan, il est habillé comme Ludovic." Ça dit la même chose, c'est encore plus court et ça ne contient aucune ambiguïté. Je me demande si les gens ont peur d'utiliser des expressions simples...
Je n'ai rien contre "ça craint". C'est de l'argot, mais c'est imagé, un trait intrinsèque à l'argot...
Il est vrai que les verbes du troisième groupe sont souvent plus difficiles à conjuguer que ceux du premier groupe. C'est pourquoi on entend trop souvent:
Patienter au lieu d'attendre.
Solutionner au lieu de résoudre.
C'est ce que j'appellerai à nouveau une "paresse langagière", comme l'usage de "rentrer" décrit plus haut. Le mot en bleu n'est le plus souvent justifié par aucune nuance de sens. Certains croient cependant que "Patientez quelques instants" est plus acceptable pour le sujet que "Attendez quelques minutes".
Là, je n'ai pas vraiment de théorie sur l'origine du barbarisme.
On ne part pas "à Berlin", mais on part pour Berlin. On peut la plupart du temps aussi bien dire "Demain, je vais à Berlin", sans perdre beaucoup de sens, si ce n'est le fait que partir donne une idée de distance et de temps qu'aller ne contient pas. Curieusement, on "part" beaucoup moins en anglais ou en allemand.
Le gourmand, c'est "celui qui aime la bonne cuisine, qui est exigeant en matière de nourriture". Ce n'est donc pas le dessert qui est gourmand, mais celui qui le mange.
Et pourtant, vous pouvez lire ça sur la moitié des paquets de biscuits que vous trouvez au supermarché. Si "Le dessert des gourmands" fait sans doute un peu ringard, pourquoi ne pas ré-utiliser la gourmandise, ou mettre "Réservé aux gourmands".
Clamer, c'est "manifester par des cris". Il n'est certes pas impossible que le prévenu crie son innocence, mais dans la plupart des cas que vous lisez dans la presse, il s'agit ni plus ni moins d'une protestation, souvent sans violence.
Le journaliste devrait plutôt écrire : "Il a dit (ou répété) son innocence", ou mieux : "Il a protesté de son innocence".
Lisez ce que dit George Orwell : n'utilisez jamais une métaphore que vous avez vue imprimée. C'est généralement un cliché.
Le futur est surtout un terme grammatical, comme l'imparfait ou le passé simple.
"Dans le futur" est un anglicisme. Il vaut mieux dire à l'avenir. De même, parlez de l'avenir de votre entreprise, plutôt que de son futur.
Ce double possessif est redondant. Autre exemple: c'est d'elle dont je vous ai parlé.
Je dirais c'est toi dont il s'agit, ou c'est de toi qu'il s'agit. Un seul génitif suffit. Et pour le second exemple: c'est d'elle que je vous ai parlé.
Plus blanc que blanc, raillait Coluche... Ça me rappelle "die optimalste Lösung" (la solution la plus optimale) relevée par Bastian Sick. Comme si un dénuement total (ou le total de votre addition au restaurant) pouvait être plus que total, comme si l'on découvrait un univers plus infini que le nôtre.
Total, maximum, optimal, dernier, infini, le meilleur, sont le degré ultime. Il ne peut donc y avoir quelque chose de plus maximum ou de plus total. Il suffit donc de dire qu'il est mort dans un dénuement total.
Chevilles
Écoutez les gens à qui l'on tend un micro, mais aussi certains journalistes, ou votre voisin de cafétéria. Ils émaillent leurs propos de mots qui cachent leur difficulté de s'exprimer. Ces mots, qui n'ajoutent rien à ce que l'on veut communiquer, permettent de gagner du temps pour trouver la phrase adéquate. En voici quelques exemples :
Écoutez...
Quand vous dites "je dirais", cela signifie-t-il que vous ne voulez pas vraiment le dire (je dirais, si c'était opportun, ou si vous m'écoutiez, ou si j'étais de bonne humeur...), mais alors pourquoi le dire, si vous dites que vous ne voulez pas le dire ?
"En fait" se justifierait peut-être si votre proposition précédente avait commencé par "on aurait pu croire que", ou "en théorie". Sinon, "en fait" ne sert à rien. Là, je suis un peu dur, car je tombe moi-même souvent dans ce piège. On dit "en fait" pour préciser sa pensée, pour développer une idée. Les Anglais font la même chose avec "actually", ou encore avec "as a matter of fact", et les Allemands avec "eigentlich".
"Un petit peu" a bien sûr sa place quand il est utilisé au sens propre, par exemple : Sophie est un petit peu plus grande que Véronique. Mais que penser de celui qui décrit une catastrophe en disant : "C'est un petit peu décourageant de voir ces milliers de morts" ? Si, si, j'ai entendu ce genre de déclaration. Il s'agit ici d'un euphémisme, mais il n'est pas souvent à sa place.
"Si vous voulez" : L'interlocuteur ne veut rien, à part peut-être tenter de comprendre une explication embrouillée.
"Quelque part, ça m'ennuie de te voir dans un tel état". Ici, le "quelque part" est encore une fois explétif. "Quelque part, il avait raison de s'insurger". Là il me semble que ce soit un équivalent de "en fin de compte", qui est souvent une autre cheville.
Résumons : En fait, je dirais quelque part qu'il faut un petit peu rester simple, si vous voulez. ¿? La phrase précédente de dix-sept mots peut se résumer en deux mots : restons simples...
Voir la règle de style N° 3 de George Orwell ci-dessous.
Liens en français
| Bernard Cerquiglini vous explique dans une page intitulée Merci professeur !, vidéos à l'appui, un grand nombre d'expressions, légitimes ou fautives. On peut seulement lui reprocher de prononcer "exétéra". | ||
Voir La page xyloglotte de Claire Delavallée. Néologismes à base de racines grecques et latines. Xyloglotte veut dire, bien sûr, langue de bois. En voici quelques exemples :
|
||
| Je vous ai préparé une page de Faux-amis: mots qui ont un sens différent en français et en anglais. Et j'en ai découvert quelques-uns en espagnol. | ||
| Voir aussi Prononciation du français. | ||
| Une page incroyable sur la prononciation en anglais: tous les mots que nous ne saurons jamais prononcer correctement. | ||
| J'ai compilé pour vous (en français, anglais et allemand) une collection de palindromes : Tu l'as trop écrasé, César, ce Port-Salut ! |
||
| Le cabinet de curiosités, comme son nom l'indique, contient une foultitude d'informations sur la langue. L'auteur de ces pages ne se découvre pas, et son courriel ne fonctionne pas (septembre 2006), mais il faut absolument y aller. Si vous voulez savoir ce qu'est un anacoluthe ou un zeugme, il vous le dira. Si vous voulez savoir pourquoi les Allemands s'appellent Deutsche en allemand, Germans en anglais, Niemetz en russe et Tedeschi en italien, vous l'apprendrez. | ||
| Pour les curieux de la langue en général et de toutes les langues, Le Forum des Babéliens offre un espace de discussion incroyablement actif, avec des contributions allant du plus simple au plus expert. Linguistique, études comparatives, étymologie, expressions, locutions et proverbes. Mérite un détour. | ||
| Voulez-vous savoir d'où vient l'expression "une pomme de discorde" ou "être sur son trente-et-un"? Voyez l'encyclopédie des expressions qui en contient plus de deux cents. Site joliment mis en page, illustré avec goût et bien documenté. | ||
| Les Dicos d'or contiennent une dictée de Bernard Pivot. | ||
Frédéric Dard, alias San-Antonio Frédéric Dard, le père de San Antonio et de l'énorme Bérurier, est mort le 6 juin 2000, en laissant quelques enfants et petits-enfants et environ 174 volumes consacrés à Sana. Plusieurs sites sont consacrés à l'un et à l'autre. Un site léger, mais essentiel, où l'on peut lire quelques-unes des phrases délirantes qui ont fait la réputation de San-Antonio. Ces pages préparées par Pierre Crescenzo contiennent des citations des années 50, où seul l'imaginaire du lecteur permettait une représentation vivante de la chose décrite. Au fil des décennies, Frédéric Dard utilisa des expressions moins périphrastiques, et pour tout dire, plus crues, mais qui ont toujours la saveur de l'invention débridée. En voilà deux pour vous mettre en bouche : Moi, j'aime assez parler poésie, mais à condition d'être en compagnie d'une belle môme et qu'il n'y ait pas incompatibilité d'humeur entre ma main et son corsage, vous voyez ce que je veux dire ? Des serrures de coffres sont, quoi que vous en pensiez, comme les femmes vertueuses : elles n'ont pas de secrets. |
![]() |
|
| Voir aussi le site de Sylvain Lhuillier avec d'autres palindromes, une page d'humour pleine de Desproges et de Coluche, des énigmes logiques et plein d'autres choses amusantes. | ||
Europanto Utexte de Diego Marani écrit en Europanto: une langue que vous ne connaissez sans doute pas mais que vous comprendrez (presque) sans peine. |
||
Style Ces deux pages sont en anglais, mais si vous lisez tant soit peu cette langue, elles vous convaincront toutes deux que le style, c'est aussi la simplicité : n'utilisez pas un mot compliqué lorsqu'un mot courant exprime la même chose. Le premier texte (1996) est de Larry King, un présentateur vedette de la chaîne américaine CNN. Le second est de l'auteur de "1984", George Orwell, qui s'élève dès 1946 contre la tendance du langage ampoulé dans un texte sur la politique et la langue anglaise. Qu'il me soit permis d'en citer la quintessence, en français :
|
||
| Le Dictionnaire de la zone de Cobra le Cynique : verlan et argot des banlieues d'aujourd'hui. Cliquer sur "lexique". Plus de 1600 mots parmi lesquels vous ferez des découvertes. | ||
| * | C'est pas la mer à boire | |
| ** | Ça vaut la peau des fesses | |
![]() Site map |
© François de Dardel |
![]() Home |