Expressions (français)

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18 mai 2014

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This page in French, with some English and a little German on another page.
Cette page couvre des questions de style et de sémantique. Voir ci-dessous des liens en français (anglais a et allemand sur l'autre page). Enfin, voir ce que j'ai écrit sur la prononciation du français et trouvé sur celle de l'anglais.


Un florilège d'impropriétés langagières glanées à la radio, dans la rue, au bureau ou dans les journaux.

Ces expressions sont souvent le reflet d'une fausse appréciation de la précision de la langue. On croit avoir le mot juste, le mot à la mode, et c'est du charabia.
Utilisons des mots simples quand nous ne sommes pas sûrs. Je ne suis pas grammairien, et les professionnels du langage ne seront peut-être pas tous d'accord avec moi, mais tant pis.
S'il fallait donner un conseil simple et général, ce serait : réfléchissons à ce que nous disons avant de le dire ou de l'écrire...
Angry emoticon J'ai marqué de ce signe ennuyé les expressions dont je crains — puissé-je me tromper — qu'elles ne soient maintenant irréversiblement ancrées dans le langage courant.

Les plus courantes

 

Les autres

 



20 mars 2010 / 3 décembre 2013
Je t'appelle par rapport à Sylvie

Naguère, il m'aurait appelé au niveau de Sylvie. Ce n'était pas mieux, et heureusement l'expression "au niveau de" qui avait fait florès dans les années 1970-80 a maintenant largement disparu. Mais depuis peu, "par rapport à" a surgi pour la remplacer, et inonde actuellement les discours. Il faut croire que l'usage de locutions ou de prépositions simples ne satisfait pas, et qu'il faille utilliser des expressions verbeuses, souvent mal à propos.

Il fallait dire : "Je t'appelle au sujet de Sylvie", ou "à propos de Sylvie", ou même, plus court : "Je t'appelle pour Sylvie". "Par rapport à" implique une comparaison, par exemple : "Tu es un bon photographe par rapport à moi", ou "la Russie est immense par rapport à la France".

Autre exemple entendu : "Elle se fait du souci par rapport à sa santé". Ici encore, on pourrait dire "au sujet de sa santé", ou "pour sa santé". De même, au lieu de "j'ai un problème par rapport à ma voiture", dites simplement : "j'ai un problème avec ma voiture. Il semble que ce "par rapport à" tende à remplacer plus ou moins n'importe quelle préposition. Restons simples (voir "chevilles") ci-dessous. Cependant, le choix de la bonne préposition exige un minimum d'agilité mentale. Dans ce sens, "par rapport à" est un signe de paresse intellectuelle...

Mauvais point pour François Hollande : dans son débat avec Nicolas Sarkozy le 2 mai 2012, il a utilisé six ou sept fois "par rapport à" dans un contexte où une préposition simple aurait été de mise.
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13 février 2005 / 10 avril 2014
Les opportunités

L'opportunité, c'est le fait d'être opportun. Par exemple, lorsque vous contestez l'opportunité d'une décision, vous exprimez que "ce n'est pas le moment" de la prendre.

"De nouvelles opportunités se présentent à nous" est un anglicisme. Il faut dire de nouvelles occasions. D'ailleurs, ce sont peut-être même des chances...

Il semble à beaucoup que si le mot est plus long, plus compliqué, il est préférable à un mot court et simple. C'est précisément ce contre quoi je m'élève tout au long de cette page.

Ce mot, pourtant d'invention récente dans son acception venue de l'anglais, a littéralement envahi la langue et supplanté les occasions et les chances de naguère. Je le trouve fort laid.
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6 novembre 2010 / 4 juin 2012
Le problème est-il problématique ?

Communiqué du CEA* : "Le projet va contribuer à résoudre certaines problématiques liées à l’insertion." Un journaliste : "La problématique des retraites est complexe."

ll y a bientôt dix ans, j'avais relevé dans cette même rubrique l'usage douteux du substantif "Problematik" en allemand. Depuis environ 2003, on l'entend de plus en plus en français. Selon les règles habituelles, problématique est un adjectif (l'issue de ce conflit est problématique), pas un nom commun. D'ailleurs, je ne vois pas bien ce qe la problématique pourrait dire de plus que "le problème". De plus, non contents d'utiliser un mot qui "fait moderne", certains le mettent au pluriel : les problématiques du futur. De grâce, une fois encore, restons simples, et disons "le problème des retraites", ou "les problèmes de l'avenir" .

* CEA: Commissariat à L'Énergie Atomique.
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5 août 2013
Ça ne fait qu'empirer les choses

Empirer est un verbe intransitif : la situation empire, mais on ne peut pas l'empirer... La phrase ci-dessus a été malheureusement écrite ce jour par un journaliste de "Libération". Il aurait dû dire : "Ça ne fait qu'aggraver les choses". Autres options : "déteriorer" (la situation), ou "envenimer" (le débat).
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10 août 2013
Il s'accapare tout l'héritage

Ici, c'est le contraire : accaparer est un verbe transitif, mais pas réflexif : on accapare quelque chose, on ne s'en accapare pas. Il faudrait donc écrire : "Il accapare tout l'héritage". En revanche, on peut parfaitement dire : "Il s'approprie tout l'héritage".
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29 décembre 2010
Il ne reste que deux alternatives

Une alternative, c'est deux ou éventuellement plusieurs choix. Le jour où les routes sont encombrées de neige, il ne faut donc pas dire : "il y a deux alternatives  : rester chez moi ou y aller à pied", mais "il y a deux options (ou choix, ou possibilités) : soit je reste chez moi, soit j'y vais à pied." Ces deux options constituent une alternative. Quand il y en a plus de deux, il vaut mieux de toute façon parler d'options ou de possibiités.
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14 avril 2012

FréquencePour les voisins, ça ne fait pas sens

Un vilain anglicisme. En anglais, on dit "it doesn't make sense". Et voilà que les Français et les Allemands ("es macht keinen Sinn"), emboîtent bêtement le pas à nos amis anglo-saxons. L'expression n'existait pas il y a quarante ans (cliquer sur le graphique). On doit dire simplement "ça n'a pas de sens".
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18 avril 2009
La crise n'est pas finie, loin s'en faut !

Il y a ici une confusion entre l'expression "loin de là" et l'expression "il s'en faut de beaucoup", ou "tant s'en faut". Vous pouvez donc utiliser l'une de ces trois dernières, mais pas "loin s'en faut".
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14 janvier 2008
C'est un acte inqualifiable

Et le Premier Ministre (François Fillon) s'empresse de qualifier le dernier attentat en Corse en ajoutant : un acte de délinquance. Dans le jargon journalistico-politique d'aujourd'hui, il semble qu'inqualifiable veuille dire : regrettable, délictuel, criminel, condamnable, offensif. Alors, messieurs les journalistes et les politiciens, n'ayez pas peur des mots : qualifiez plus précisément ces actes que vous dites inqualifiables. Évidemment, ça vous coûtera un petit effort d'expression.
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23 juillet 2007
Depuis quelques jours, il va au bureau en vélo

Si je réponds: "Ton grand-père allait-il à la chasse en cheval ?" ou encore : "Sancho Pança suivait Don Quichotte en âne" on va me regarder de travers et penser : mais quel français ce type parle-t-il donc ?

Ça y est, vous avez deviné : quand on est dedans, on va "en" (voiture, autocar, train, avion), mais quand on est dessus, on va "à" (cheval, vélo, moto, skis). Pour le chameau, l'éléphant et l'âne, on dira plutôt: "à dos de chameau" etc. Donc, depuis qu'il y a une station de "Vélib" devant sa porte, il va au bureau à vélo.
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7 septembre 2009
Pas de souci !

Cette expression a remplacé depuis quelque temps le "pas de problème !" qui sévissait (et sévit toujours en parallèle) depuis une trentaine d'années. C'est une expression "fourre-tout" qui, si l'on veut bien étudier les locuteurs, ne signifie pas grand-chose, mais a souvent un double sens :

  1. Elle veut dire parfois : "ce que je vous raconte est bien vrai", ou encore : "sans conteste". Par exemple : "Paul est plus grand que Jacques, ya pas de problème"*. Dans ce sens, j'ai même entendu : "mon pneu est crevé, ya pas de problème". Bien sûr qu'il y a un problème si tu as un pneu crevé, mais ce que tu veux dire est "mon pneu est crevé, il n'y a aucun doute".
  2. Dans d'autres cas, on entend "ya pas de souci" (ou pas de problème) en réponse à un "merci". L'expression sert alors à minimiser le service rendu. Le sens est : "ne vous en faites pas pour moi, c'était peu de chose, en tout cas pas assez pour me créer un problème" (ou du souci). C'est peut-être une nouvelle contamination de l'anglais américain, car on entend là-bas "no problem" en réponse à un "thank you".

Dans ce second cas, il vaut mieux dire "je vous en prie" ou familièrement "pas de quoi" pour indiquer que le service rendu ne m'a pas coûté beaucoup. Et dans le premier cas, il n'est souvent pas nécessaire de rajouter quoi que ce soit à une assertion, ou alors, quelque chose du genre "c'est évident" ou "je vous l'assure". Dans tous ces cas, il n'est pas besoin de créer un problème ou de se faire du souci, tous deux inexistants...

*Pour les non-francophones: "ya pas" est un raccourci pour "il n'y a pas".
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20 mars 2010
Ces légumes soi-disant bio contenaient des pesticides

Depuis quand les légumes parlent-ils ? Soi-disant signifie "qui prétend être". Le légumes ne prétendent rien, c'est le marchand qui veut faire croire à une qualité non avérée. Il faut donc dire : "Ces légumes prétendus bio" ou "prétendument bio". En revanche, on peut dire d'un homme qui a usurpé une fonction : "Le soi-disant capitaine n'était en réalité que sergent."
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6 février 2011
Mercredi, je viens sur Paris

Que l'on me dise pourquoi je viens à Paris ne suffit pas. Encore un exemple de "trendy language" (ça fait bien). Ou peut-être vous déplacez-vous en ballon dirigeable ?
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23 mai 2010
Je me suis bien entraînée, et derrière, j'ai gagné le tournoi

Déclaration d'une grande sportive française. Mais pourquoi derrière ? Elle veut dire grâce à cela, par la suite, après, ensuite, par conséquent. C'est encore un mot paresseux, proche de la cheville, avec lequel on se dispense de la précision. Derrière est un adverbe de lieu, pas de temps ni de causalité.
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26 juin 2010
C'est pas évident

Gagner la coupe du monde, c'est pas évident. Évident veut dire "qui s'impose à l'esprit". Mais ici — c'est évident — le locuteur veut dire "ce n'est pas facile". Dans quasiment tous les exemples que l'on entend, on devrait remplacer "pas évident" par "pas facile", ou "pas simple".
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7 août 2010
Pour ne pas qu'il s'échappe

On lui avait passé les menottes pour ne pas qu'il s'échappe. On aurait pu dire "pour ne pas le voir s'échapper". Et aussi, "pour qu'il ne s'échappe pas". Mais "pour ne pas que" me paraît incorrect, même si je viens d'en voir un exemple dans le "Nouvel Observateur".
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17 mai 2009
Des dépenses somptuaires

C'est un pléonasme : somptuaire veut dire "relatif aux dépenses". Dans l'antiquité romaine, les lois somptuaires (leges sumptuariae) combattaient le luxe excessif et réglaient la dépense. En 1660 en France un édit somptuaire interdit le port d'aucune étoffe d'or ou d'argent, fin ou faux etc... L'erreur provient évidemment de la confusion avec le mot somptueux.

Il vaut mieux dire des dépenses excessives ou ostentatoires, ou encore des dépenses d'apparat.
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9 janvier 2011
Ça va lui coûter une somme conséquente

Littré disait déjà en 1873 dans son fameux dictionnaire de la langue française : "conséquent pour considérable est un barbarisme". Conséquent signifie, pour une personne, "qui agit ou raisonne avec esprit de suite", et aussi, pour une action ou un évènement, "qui fait suite à quelque chose".

Suivons donc Littré et disons que cela lui coûtera une somme considérable.
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17 mai 2009
Sa conclusion s'est avérée fausse

Avéré signifie reconnu ou confirmé comme vrai, certain. Par exemple, l'erreur a été avérée, bien que cet usage soit un peu désuet. Plus courant : la complicité du prévenu a été avérée. S'avérer est à peu près synonyme de se confirmer.

S'avérer vrai serait un pléonasme, mais s'avérer faux est un barbarisme : il faut dire sa conclusion s'est révélée fausse.
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15 juillet 2007
Federer a gagné le tournoi sans coup férir

Est-ce que tous les adversaires de ce champion de tennis ont déclaré forfait dès le début des matchs ? Aurait-il gagné sans toucher une seule balle ?

Le mot férir (qui n'existe plus que dans cette expression, et dans l'adjectif féru) vient d'un mot latin (ferire) signifiant frapper. Sans coup férir veut donc dire : sans porter de coups, sans combattre. Par extension, sans résistance, facilement. L'appliquer dans un contexte où le principe même de l'action est une joute ou un combat, est donc bien mal à propos.

On pourrait dire : sans résistance, facilement, avec sa maîtrise habituelle, sans trop de tracas, que sais-je. Simplement, il est clair qu'il a combattu, et qu'il a gagné, mais pas sans coup férir.
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8 juillet 2006
Le pape va clôturer le congrès

Voyez-vous Sa Sainteté Benoît XVI armé d'un maillet et de pieux, suant et soufflant, en train de planter une clôture autour des congressistes pour empêcher ceux-ci de s'échapper ? Voilà encore un coup sournois des verbes du troisième groupe (voir plus bas).

Il est en effet tellement plus facile de conjuguer le verbe clôturer, qui veut dire entourer d'une clôture, plutôt que le verbe clore, qui signifie fermer, terminer. Demain, dans le journal, on devra lire "le pape a clos le congrès", et non pas clôturé...
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5 février 2006 / 17 juillet 2013
Ces changements vont impacter nos résultats

Bientôt, ils diront "j'ai été très impacté par le décès de mon neveu"... Le verbe impacter — qui n'existe dans aucun dictionnaire à ce jour (2006) — est un emprunt malheureux à l'anglais, où d'ailleurs il n'existe pas non plus dans ce sens, mais qui est devenu un "buzzword" (à la mode). J'en parlais déjà il y a quelque temps dans mon chapitre en anglais sur cette même page. Dans son roman de 2012 À MOI SEUL BIEN DES PERSONNAGES John Irving écrit: "Quand j'entends les mêmes personnes utiliser le verbe impacter, j'ai envie de vomir." *

Dites plutôt: affecter, ce qui vaut à la fois pour les résultats de l'entreprise et pour la mort de l'un de mes proches. Dans de nombreux cas, on peut aussi dire encore plus simplement toucher. Voir le verdict de l'Académie Française.

* En anglais : "When I hear the same persons use impact as a verb, I want to throw up." L'expression est donc bien fautive dans les deux langues !
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18 mai 2014
Le gouvernement veut impulser une dynamique de croissance

Le verbe existe bien dans le "Petit Robert", qui le date de 1945. Il m'agace pourtant les oreilles, sentant — ici encore — l'anglicisme à plein nez. Dans la phrase ci-dessus, on pourrait fort bien le remplacer par créer, puisque la dynamique comporte déjà l'idée de mouvement. On pourra aussi dire animer, stimuler ou éveiller.


6 janvier 2014
Quel est le sujet ?

Le magazine "ELLE" traite aujourd'hui de la thématique du mariage.
Voir problématique, ci-dessus : le thème ou le sujet paraissent insuffisants. Plus le mot est long, plus il impressionne, semblent se dire les rédacteurs.
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22 juillet 2006
Les vacances-évasion, et
Les usagers de la SNCF ont été pris en otage par les grévistes

Vous ne pouvez plus voir un prospectus d'agence de voyages sans que l'on vous parle d'évasion. Vous ne pouvez plus entendre parler d'une grève sans que l'on vous dise que les usagers du train ont été pris en otage. Demandez à un prisonnier de guerre ce qu'il entend par évasion. Demandez à celui qui a été pris en otage par des terroristes ce que signifie pour lui le mot otage.

Ce sont, me direz-vous, des métaphores. Soit. Mais utiliser un mot ou une expression pour en affaiblir le sens est un mauvais service que l'on rend à la langue. Et répéter sans fin la même métaphore est pour le moins une faute de style. Voyez ce qu'en disait il y a soixante ans l'écrivain britannique George Orwell.
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Prévoyez un parapluie

Même Nostradamus, qui a tout prévu pour les siècles à venir, et depuis plusieurs siècles, est incapable de prévoir un parapluie. Vous pouvez, comme lui, prévoir le temps qu'il fera le 13 juin 2014, et vous aviser qu'il sera sage ce jour-là de prendre un parapluie.

Dites alors simplement: prenez un parapluie.
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Le but recherché

Si vous en êtes encore à chercher un but, ou un objectif, vous n'êtes pas près de l'atteindre...

Dites alors simplement: le but visé, ou l'objectif à atteindre.
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4 février 2012
Un magasin bien achalandé

Qu'y trouve-t-on ? Un grand choix de marchandises ? Non : de nombreux et de bons clients. Le mot "chaland" désigne l'acheteur, pas la marchandise. On devrait donc dire un magasin bien approvisionné, ou aux rayons bien garnis.
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27 décembre 2010
Réduire (ou diminuer) au maximum

Ce n'est peut-être pas un oxymoron, mais c'est sûrement un barbarisme... Veut-on dire "réduire le plus possible", c'est à dire à la valeur la plus basse possible ? Ce serait donc équivalent à "réduire au minimum". Depuis quand le maximum et le minimum veulent-ils dire la même chose ?

On peut dire réduire au minimum, mais dites plutôt diminuer (ou réduire) le plus possible. Dans beaucoup de cas, ceci s'applique aussi au verbe limiter.

De même, on peut augmenter au maximum, mais pas augmenter au minimum — sauf cas particuliers, comme le minimum vital. Dans ce cas particulier, on pourra dire augmenter jusqu'au minimum vital, mais dans le cas général il vaudra mieux, ici aussi, augmenter le moins possible.
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23 juillet 2007 — 5 février 2012
Je t'amène le rosé

Encore une fois, on me prendra pour un cinglé si je réponds : lui as-tu demandé s'il était d'accord ? D'accord ? mais de qui parles-tu ? Eh bien, de ce Rosé que tu veux m'amener...

La règle est simple : on amène ce qui peut se déplacer par ses propres moyens — le plus souvent un personne ou un animal vivant, ou un véhicule — sinon on l'apporte. Si l'on m'amène un poulet pour le dîner, il faudra d'abord que je le tue ; si l'on m'apporte un poulet, il suffira que je le mette au four, à moins qu'il ne soit déjà cuit... Soyons juste : j'exagère un peu, car le poulet, on l'apporte, même vivant, parce que l'on peut le porter, tandis qu'on le voit mal amené, en laisse ou bras-dessus, bras-dessous...
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2007 — 22 février 2014
Il a débuté son concert par un capriccio échevelé

Non. C'est le concert qui débute, pas le pianiste. Ou si c'est le pianiste qui débute, il ne commencera pas son concert avec un morceau de bravoure... Débuter est intransitif.

Dites plutôt: Le concert débuta par un cappricio. Ou encore: Le pianiste commença son concert...

Depuis que le brave Jean-Pierre Gaillard — qui vous disait toujours sur France-Info pourquoi la bourse avait baissé, mais jamais comment elle se comporterait dans les heures qui suivent — a été remplacé par un certain Jean-Yves Courtial, ce dernier commence (je n'ai pas dit débute) quotidiennement sa chronique par "La bourse a débuté la journée (ou la séance) par une légère baisse". Lui aussi devrait apprendre la rection des verbes français.
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20 décembre 2012
Il a démarré sa campagne électorale jeudi,
ou encore :
Il a démarré sa Traction Avant à la manivelle

Même problème que pour débuter. Démarrer est aussi intransitif. La campagne démarre, l'auto démarre, mais on ne démarre ni l'une ni l'autre. En revanche, on peut les faire démarrer.

On peut donc dire, au choix : Il a commencé sa campagne jeudi, ou Il a lancé sa campagne, ou La campagne du candidat a démarré, et Il a fait démarrer sa Traction à la manivelle.
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Il est en déplacement

Moi, je voyage, mais lui se déplace.

Je voudrais bien savoir ce que ce "déplacement", qui n'est pas un bien joli mot, dit de plus. Dites simplement: Il est en voyage, ou à la rigueur en voyage d'affaires. Les Allemands ne connaissent que les "Geschäftsreisen", et les Anglais les "business trips". Je trouve déplacé le mot déplacement...
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23 juillet 2007
Une famille entière décimée dans un accident

Si le journaliste réfléchissait un peu à ce qu'il dit ou écrit, il sentirait la racine "décime", un dixième, dans le verbe décimer. Décimer veut dire supprimer un élément sur dix. La malheureuse famille tuée ce matin dans un accident de circulation n'a pas été décimée, elle a été anéantie. Si au cours d'une bataille l'ennemi est décimé, il est probable que le reste de ses troupes aura du mal à faire face.

Dans le même ordre d'idées, l'expression coupe sombre signifie l'élimination de quelques éléments seulement, pas de la plupart : en forêt, lorsque vous pratiquez une coupe sombre, la densité des arbres n'est pas sensiblement modifiée. En revanche, si vous faites une coupe claire, vous abattez tant d'arbres que la forêt s'éclaircit.
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18 novembre 2007
Ça fait trois jours que les cheminots sont en grève

Pour atténuer une expression qui ne doit pas leur paraître totalement correcte, on entend les présentateurs de radio et de télévision dire "cela fait trois jours" au lieu de "ça fait". L'expression n'est pas vraiment incorrecte, elle n'est que négligée. Si l'on ne veut pas tourner la phrase dans l'autre sens : ils sont en grève depuis trois jours, on devrait dire voilà trois jours qu'ils sont en grève. Voilà. Sinon, on a l'impression d'entendre : un chien, ça fait dans le caniveau...
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25 juillet 2006
Merci de nous retourner ce document signé

Vous me remercierez une fois que vous aurez reçu le document en retour. Auparavant, vous devez me prier de vous le renvoyer. "Merci de..." est une injonction que je trouve comminatoire ou du moins autoritaire. Dites plutôt Nous vous prions de nous le retourner, ou même Prière de nous le retourner. Si vous voulez vraiment être courtois, vous pouvez dire Nous vous saurions gré de nous le retourner. Vous pouvez toujours ajouter et nous vous en remercions par avance.
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Il a des chances d'y laisser sa peau, ou
Il a 80 % de chances d'y rester

La belle chance que voilà !

Dites simplement: Il risque d'y laisser sa peau, ou il n'a que 20% de chances de s'en sortir vivant.
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8 juillet 2006
Un accord est intervenu entre direction et syndicats

Non ! La Providence est intervenue, ou Dieu, ou peut-être simplement un médiateur. Le ministre est intervenu à la tribune. L'accord, lui, n'est pas intervenu, il n'est que le résultat de l'intervention ou de la médiation.

Dites simplement: Un accord a été conclu, ou signé. S'il s'agit d'un tremblement de terre ou d'une manifestation d'ouvriers, dites que l'évènement s'est produit ou qu'il a eu lieu. La police, elle, est bien intervenue au cours de la manifestation pour en écarter des fauteurs de trouble...
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3 janvier 2011
Pianotez france tiret info point com sur votre clavier

L'informatique nous change la vie, mais requiert une certaine rigueur. Le journaliste de France-Info dit parfois tapoter au lieu de pianoter. Dans les deux cas, vous n'aurez aucune chance d'aboutir. Voici les définitions correspondantes :

Tapoter : taper négligemment à petits coups répétés.
Pianoter : jouer maladroitement on distraitement du piano, en dilettante.

Si vous tapez quoi que ce soit maladroitement, négligemment ou distraitement, vous n'obtiendrez pas un résultat rigoureux. Avec un ordinateur — du moins à présent — si vous faites quelque chose négligemment, le système répond en général par une réaction agaçante et ne comprend pas ce que vous voulez. Ne pianotez pas ni ne tapotez, donc, mais tapez proprement sur votre clavier.


La société dispose de vingt emplois à pourvoir

Voilà un exemple de style ampoulé: le verbe "avoir" est-il trop simple ?

Dites simplement: La société offre vingt nouveaux emplois. Dans les trois-quarts des cas, utiliser le verbe avoir est tout aussi clair, et beaucoup plus simple. Vous disposez de votre fortune comme vous l'entendez, ou vous disposez de quinze jours pour répondre à une mise en demeure, mais vous ne disposez pas d'un emploi: vous l'avez ou ne l'avez pas.
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Le Paris-Saint-Germain possède 4 points d'avance

Dans le même ordre d'idées: le verbe "avoir" en dit tout autant. Dites: Le Paris-Saint-Germain a quatre points d'avance. Si j'ai cinq minutes de retard, je ne les possède pas. Quand j'avais vingt ans, je ne les possédais pas non plus. J'aimerais posséder un château en Anjou, ou un compte en banque rondelet.
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7 novembre 2010
Tu t'en rappelle ?

Je me rappelle de ce jour-là est incorrect. Dites : Je m'en souviens. On se rappelle quelque chose, et l'on se souvient de quelque chose. La méthode pour s'en souvenir est simple : rappeler est comme appeler, transitif (j'appelle mon chien, je rappelle ton chien Médor) donc je me rappelle ce voyage à Venise, tandis que souvenir est intransitif comme venir (je viens de Paris), donc je me souviens de Venise.

On dira en conséquence "la date dont je me souviens", et pas "dont je me rappelle", mais "la date que je me rappelle".
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Elle est rentrée dans le cinéma

On pourrait croire qu'elle venait d'en sortir, et qu'elle y avait oublié son sac à main. Mais non, la plupart du temps, elle n'est qu'entrée dans le cinéma pour y voir un film. Pour rentrer quelque part, il faut d'abord en être sorti...

Dites simplement: Elle est entrée dans le cinéma.

Ici, il s'agit d'une difficulté de la langue française parlée, qui exige la liaison d'un mot se terminant par une consonne avec le mot suivant commençant par une voyelle: il faudrait dire "elle est [t] entrée" mais "je suis [z] entré". Évidemment, si tout le monde "rentre", ça règle le problème des liaisons. Voir aussi ma page sur la prononciation du français, et en particulier du phénomène "Euro".
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5 février 2012
Ce périple à vélo les amena de Colmar à Saint-Nazaire

Un périple est un voyage circulaire en mer. Du grec περί (autour) et πλέω (naviguer), correspondant au mot circumnavigation d'origine latine. Je ne sache pas que l'on puisse faire — surtout à bicyclette — un tour du monde maritime de Colmar à Saint-Nazaire.

Ces cyclistes ont donc fait une expédition ou tout simplement un voyage de l'est à l'ouest de la France.
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Parmi les rescapés du Tour, le Maillot Jaune est un Tricolore

Pour rester dans le domaine sportif...
Rescapé : selon le Petit Robert, personne qui a échappé à un accident, à un sinistre. Utiliser ce mot pour ceux qui n'ont pas abandonné le Tour de France serait une métaphore si cette utilisation était exceptionnelle. En devenant un cliché, le mot est aussi devenu impropre.
Quant à Tricolore, voir ma page "réactions".
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22 juillet 2006
Et moi ? Pareil que toi !

Cas 1
Gwenaëlle: "J'ai rien compris au cours, et toi Thibaud ?"
Thibaud: "Pareil".

Cas 2
Vanessa (à Ludivine): "Regarde Jordan, il est habillé pareil que Ludovic, ça craint un peu...".
On dit de deux choses qu'elles sont pareilles. On dit éventuellement qu'elles sont pareilles l'une à l'autre. Mais "j'ai fait pareil" est un barbarisme. On doit dire "j'ai fait la même chose".
Dans le cas 2 on devrait dire "ils sont habillés de façon identique". Je reconnais que c'est plus long que "pareil", mais c'est moins vilain.

Disons tout simplement: "Regarde Jordan, il est habillé comme Ludovic." Ça dit la même chose, c'est encore plus court et ça ne contient aucune ambiguïté. Je me demande si les gens ont peur d'utiliser des expressions simples...
Je n'ai rien contre "ça craint". C'est de l'argot, mais c'est imagé, un trait intrinsèque à l'argot...
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6 novembre 2010
Demain, je pars à Berlin

Là, je n'ai pas vraiment de théorie sur l'origine du barbarisme.
On ne part pas "à Berlin", mais on part pour Berlin. On peut la plupart du temps aussi bien dire "Demain, je vais à Berlin", sans perdre beaucoup de sens, si ce n'est le fait que partir donne une idée de distance et de temps qu'aller ne contient pas. Curieusement, on "part" beaucoup moins en anglais ou en allemand, on "va" plutôt.

Mais pour être complet, en allemand ou en anglais on va en avion (ich fliege nach Berlin, I fly to Berlin") ou en voiture, ou en train (ich fahre nach Berlin) ce que le français ne traduit souvent pas. En espagnol, on part aussi "pour": salgo para Berlín.
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Un dessert gourmand

Le gourmand, c'est "celui qui aime la bonne cuisine, qui est exigeant en matière de nourriture". Ce n'est donc pas le dessert qui est gourmand, mais celui qui le mange.
Et pourtant, vous pouvez lire ça sur la moitié des paquets de biscuits que vous trouvez au supermarché. Si "Le dessert des gourmands" fait sans doute un peu ringard, pourquoi ne pas ré-utiliser la gourmandise, ou mettre "Réservé aux gourmands".
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Il a clamé son innocence

Clamer, c'est "manifester par des cris". Il n'est certes pas impossible que le prévenu crie son innocence, mais dans la plupart des cas que vous lisez dans la presse, il s'agit ni plus ni moins d'une protestation, souvent sans violence.

Le journaliste devrait plutôt écrire : "Il a dit (ou répété) son innocence", ou mieux : "Il a protesté de son innocence".

Lisez ce que dit George Orwell : n'utilisez jamais une métaphore que vous avez vue imprimée. C'est généralement un cliché.
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février 2005/février 2011
Assurez le futur de votre entreprise

Le futur est surtout un terme grammatical, comme l'imparfait ou le passé simple.

Parlez de l'avenir de votre entreprise, plutôt que de son futur. De même, "dans le futur" est un anglicisme. Il vaut mieux dire à l'avenir.
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30 janvier 2014
Elle m'a ignoré pendant toute la soirée

C'est encore un anglicisme : en français, ignorer veut dire "ne pas savoir".

En réalité elle a feint de ne pas me connaître ou elle a fait comme si je n'étais pas là. Je reconnais néanmoins qu'ignorer étant plus concis, cette acception est passée dans les mœurs. Voir aussi ma rubrique "faux-amis".
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30 mai 2009
C'est de toi dont il s'agit

Ce double possessif est redondant. Autre exemple: c'est d'elle dont je vous ai parlé.

Je dirais c'est toi dont il s'agit, ou c'est de toi qu'il s'agit. Un seul génitif suffit. Et pour le second exemple: c'est d'elle que je vous ai parlé.
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27 décembre 2010
Nous aurons cette nuit des températures négatives

En ces temps de frimas, je ne sais s'il s'agit ici d'une faute de langage ou d'une méconnaissance de la physique. Le zéro de notre échelle (celle de Celsius) a été arbitrairement fixé à la température de congélation de l'eau. S'il fait –10 °C à Paris, les États-Uniens (les seuls à toujours utiliser l'échelle de Fahrenheit) convertiront et trouveront (+)14 °F, car chez eux la glace fond à 32 °F et l'eau bout à 212 °F. Ce qui est "négatif" pour certains Français est positif pour eux... L'échelle scientifique de température (Kelvin) place d'ailleurs le zéro à –273 °C. Tout est donc relatif, et physiquement il n'existe pas de température négative, ni d'ailleurs de masse, de temps ou de longueur négative.

Il faut donc dire: la nuit prochaine, nous aurons des températures en dessous de zéro (sous-entendu, °C).

À propos d'échelle de température (°C), il faut d'ailleurs éviter le terme degré centigrade; l'expression correcte est degré Celsius.
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9 juillet 2011
Une secousse sismique a ébranlé la Corse

Un séisme est un ensemble de secousses occasionnées par une déformation de l'écorce terrestre. Une secousse sismique est donc un pléonasme. On devrait plutôt dire une secousse tellurique. Néanmoins, le "Petit Robert" admet que l'on peut parler de secousses sismiques pour évoquer un tremblement de terre. L'erreur est donc bénigne.
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26 juin 2009
Il est mort dans le dénuement le plus total

Plus blanc que blanc, raillait Coluche... Ça me rappelle "die optimalste Lösung" (la solution la plus optimale) relevée par Bastian Sick. Comme si un dénuement total (ou le total de votre addition au restaurant) pouvait être plus que total, comme si l'on découvrait un univers plus infini que le nôtre.

Total, maximum, optimal, dernier, infini, le meilleur, sont le degré ultime. Il ne peut donc y avoir quelque chose de plus maximum ou de plus total. Il suffit donc de dire qu'il est mort dans un dénuement total.
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Troisième groupe

Il est vrai que les verbes du troisième groupe sont souvent plus difficiles à conjuguer que ceux du premier groupe. C'est pourquoi on entend trop souvent:
Patienter au lieu d'attendre ; solutionner au lieu de résoudre ; et même émotionné au lieu d'ému.
C'est ce que j'appellerai à nouveau une "paresse langagière", comme l'usage de "rentrer" décrit plus haut. Le mot en bleu n'est le plus souvent justifié par aucune nuance de sens. Certains croient cependant que "Patientez quelques instants" est plus acceptable pour le sujet que "Attendez quelques minutes".
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2008 - 2014
Chevilles

Écoutez les gens à qui l'on tend un micro, mais aussi certains journalistes, ou votre voisin de cafétéria. Ils émaillent leurs propos de mots qui cachent leur difficulté de s'exprimer. Ces mots, qui n'ajoutent rien à ce que l'on veut communiquer, permettent de gagner du temps pour trouver la phrase adéquate. En voici quelques exemples :

Si précisément on vous tend un micro, c'est que l'on est prêt à vous écouter. Vous n'avez donc pas besoin de commencer votre phrase par : "Écoutez,"

Quand vous dites "je dirais", cela signifie-t-il que vous ne voulez pas vraiment le dire (je dirais, si c'était opportun, ou si vous m'écoutiez, ou si j'étais de bonne humeur...), mais alors pourquoi le dire, si vous dites que vous ne voulez pas le dire ?

J'allais dire... et il le dit... Entendu encore ce matin à la radio. J'allais dire serait légitime, s'il était suivi de "mais non, ce n'est pas ça", ou "mais je ne veux pas aller jusque là" mais dans la plupart des cas entendus, c'est une simple cheville puisqu'il n'y a pas de correction.

"En fait" se justifierait peut-être si votre proposition précédente avait commencé par "on aurait pu croire que", ou "en théorie". Sinon, "en fait" ne sert à rien. Là, je suis un peu dur, car je tombe moi-même souvent dans ce piège. On dit "en fait" pour préciser sa pensée, pour développer une idée. Les Anglais font la même chose avec "actually", ou encore avec "as a matter of fact", et les Allemands avec "eigentlich".

"Un petit peu" a bien sûr sa place quand il est utilisé au sens propre, par exemple : Sophie est un petit peu plus grande que Véronique. Mais que penser de celui qui décrit une catastrophe en disant : "C'est un petit peu décourageant de voir ces milliers de morts" ? Si, si, j'ai entendu ce genre de déclaration. Il s'agit ici d'un euphémisme, mais il n'est pas souvent à sa place.

"Si vous voulez" : L'interlocuteur ne veut rien, à part peut-être tenter de comprendre une explication embrouillée.

"Quelque part, ça m'ennuie de te voir dans un tel état". Ici, le "quelque part" est encore une fois explétif. "Quelque part, il avait raison de s'insurger". Là il me semble que ce soit un équivalent de "en fin de compte", qui est souvent une autre cheville.

"Disons" est aussi une cheville, mais celle-ci me semble acceptable, car elle permet de préciser une idée incomplètement formulée.

Résumons : En fait, je dirais quelque part qu'il faut un petit peu rester simple, si vous voulez. ¿? La phrase précédente de dix-sept mots peut se résumer en deux mots : restons simples...

Voir la règle de style N° 3 de George Orwell ci-dessous. top of page

 



 
27 mars 2013
Faites le test

Lisez le texte que je vous ai préparé. Si rien ne vous choque, c'est que vous avez bien assimilé la multitude d'expressions à la mode qui jalonnent nos journaux, oraux ou écrits. J'y ai glissé au moins quarante-cinq des expressions commentées ci-dessus. Bien sûr, vous pouvez considérer qu'elles font maintenant partie du "français vivant", et qu'il est vain de vouloir maintenir coûte que coûte, en puriste, une langue qui ne reflète plus notre temps. Pour certaines de ces expressions, vous avez probablement raison, mais que cela ne vous empêche pas de réfléchir à ce que vous entendez, et à ce que vous dites...
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Liens en français


Eye

Le Littré en ligne

Une découverte récente pour moi, et un site sur lequel j'ai déjà passé de nombreuses heures. Le Dictionnaire de la langue française d'Émile Littré, publié en 1873, est maintenant disponible en ligne sur Reverso grâce aux efforts de François Gannaz.
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Émile Littré

Eye

Style

Ces deux pages sont en anglais, mais si vous lisez tant soit peu cette langue, elles vous convaincront toutes deux que le style, c'est aussi la simplicité : n'utilisez pas un mot compliqué lorsqu'un mot courant exprime la même chose. Le premier texte (1996) est de Larry King, un présentateur vedette de la chaîne américaine CNN. Le second est de l'auteur de "1984", George Orwell, qui s'élève dès 1946 contre la tendance du langage ampoulé dans un texte sur la politique et la langue anglaise. Qu'il me soit permis d'en citer la quintessence, en français :

  1. N'utilisez jamais une métaphore ou une figure de style que vous avez vue imprimée.
  2. N'utilisez jamais un mot long quand un mot court peut faire l'affaire.
  3. Si vous pouvez éliminer un mot, retranchez-le immédiatement.
  4. N'utilisez jamais une expression étrangère, un mot scientifique ou un jargon quelconque si vous pouvez trouver un équivalent en français courant.
  5. Rompez les règles ci-dessus dès que vous êtes sur le point de commettre un barbarisme.

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Larry King

George Orwell


Eye Bernard Cerquiglini vous explique dans une page intitulée Merci professeur !, vidéos à l'appui, un grand nombre d'expressions, légitimes ou fautives. On peut seulement lui reprocher de prononcer "exétéra".
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Eye Je vous ai préparé une page de Faux-amis: mots qui ont un sens différent en français et en anglais. Et j'en ai découvert quelques-uns en espagnol.
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Eye Voir aussi prononciation du français. Ce n'est pas un traité exhaustif, mais simplement quelques remarques. Plus complet, mais en anglais, une page French pronunciation par Robert Dickey.
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Eye Une page incroyable sur la prononciation en anglais: tous les mots que nous ne saurons jamais prononcer correctement.
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Eye Voir La page xyloglotte de Claire Delavallée. Néologismes à base de racines grecques et latines. Xyloglotte veut dire, bien sûr, langue de bois. En voici quelques exemples :
  • bibliopotame : roman-fleuve
  • capillotracté : tiré par les cheveux.
  • cryotropisme : afflux saisonnier dans les stations de sports d'hiver
  • encyclopédie : habitude de porter son rejeton sur son porte-bagage
  • hypercaputisme : attitude d'une personne qui a la grosse tête
  • inthalassopotable : facile (devinez pourquoi*)
  • lithocardie : affection qui consiste à ne pas en éprouver (de l'affection)
  • panimmergé : tout baigne
  • pelliculopyge : extrêmement onéreux (devinez pourquoi**)
  • phyllophore : portefeuille
  • pseudopyge : faux-cul
  • satanocaudatracteur : individu gêné financièrement (je vous laisse deviner)
  • stéréotype : individu coiffé d'un walkman
  • stratocumulocéphale : rêveur
  • xylocéphalie : gueule de bois
  • yoyomapédidromophile : qui aime à faire son jogging en écoutant du violoncelle

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Eye J'ai compilé pour vous (en français, anglais et allemand) une collection de palindromes :
Tu l'as trop écrasé, César, ce Port-Salut !
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Eye Le cabinet de curiosités, comme son nom l'indique, contient une foultitude d'informations sur la langue. L'auteur de ces pages ne se découvre pas, et son courriel ne fonctionne pas (septembre 2006), mais il faut absolument y aller. Si vous voulez savoir ce qu'est un anacoluthe ou un zeugme, il vous le dira. Si vous voulez savoir pourquoi les Allemands s'appellent Deutsche en allemand, Germans en anglais, Niemetz en russe et Tedeschi en italien, vous l'apprendrez.
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Eye Pour les curieux de la langue en général et de toutes les langues, Le Forum des Babéliens offre un espace de discussion incroyablement actif, avec des contributions allant du plus simple au plus expert. Linguistique, études comparatives, étymologie, expressions, locutions et proverbes. Mérite un détour.
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Eye Voulez-vous savoir d'où vient l'expression "une pomme de discorde" ou "être sur son trente-et-un"? Voyez l'encyclopédie des expressions qui en contient plus de deux cents. Site joliment mis en page, illustré avec goût et bien documenté.
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Eye Le site québécois Banque de dépannage linguistique, extrêmement complet, contient "des réponses claires aux questions les plus fréquentes portant sur l'orthographe, la grammaire, la syntaxe, la ponctuation, le vocabulaire, la typographie, les sigles, abréviations et symboles, les noms propres, la prononciation, la rédaction et la communication" dans la langue française.
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BDL

Eye

Frédéric Dard, alias San-Antonio

Frédéric Dard, le père de San Antonio et de l'énorme Bérurier, est mort le 6 juin 2000, en laissant quelques enfants et petits-enfants et environ 174 volumes consacrés à Sana. Plusieurs sites sont consacrés à l'un et à l'autre.

Un site léger, mais essentiel, où l'on peut lire quelques-unes des phrases délirantes qui ont fait la réputation de San-Antonio. Ces pages préparées par Pierre Crescenzo contiennent des citations des années 50, où seul l'imaginaire du lecteur permettait une représentation vivante de la chose décrite. Au fil des décennies, Frédéric Dard utilisa des expressions moins périphrastiques, et pour tout dire, plus crues, mais qui ont toujours la saveur de l'invention débridée. En voilà deux pour vous mettre en bouche :

Moi, j'aime assez parler poésie, mais à condition d'être en compagnie d'une belle môme et qu'il n'y ait pas incompatibilité d'humeur entre ma main et son corsage, vous voyez ce que je veux dire ?

Des serrures de coffres sont, quoi que vous en pensiez, comme les femmes vertueuses : elles n'ont pas de secrets.
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Frédéric Dard

Eye Voir aussi le site de Sylvain Lhuillier avec d'autres palindromes, une page d'humour pleine de Desproges et de Coluche, des énigmes logiques et plein d'autres choses amusantes.
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Eye

Europanto

Utexte de Diego Marani écrit en Europanto: une langue que vous ne connaissez sans doute pas mais que vous comprendrez (presque) sans peine.
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Eye

Novlangue

Abécédaire raisonné du néo-crétinisme. Plus de deux mille termes recensant les détournements de la langue française par les journalistes, les publicitaires, les informaticiens, les hommes politiques, les « managers » et l'administration, en relation avec la nouvelle façon de parler, de penser et de vivre propre à la mondialisation.

Je ne suis pas d'accord avec toutes les prises de position de l'auteur, notamment sur le plan socio-politique, mais je soutiens la plupart de ses commentaires.
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* C'est pas la mer à boire
** Ça vaut la peau des fesses
 
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© François de Dardel
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